Pourquoi l’Ariège se dote d’une marque territoriale
« Nòu » comme neuf en occitan et comme le numéro du département. En cette rentrée, l’Ariège lance une campagne de communication autour de sa nouvelle marque territoriale, « Nòu Ariège Pyrénées ». La démarche, initiée par la chambre d’agriculture et le conseil départemental de l’Ariège, concerne dans un premier temps le secteur agri-agro mais « elle pourra être déclinée à terme dans le tourisme ou les métiers d’art par exemple », indique à La Lettre M Philippe Lacube, président de la chambre d’agriculture de l’Ariège et de l’Association développement de l’alimentation et des filières territorialisées en Ariège (Adafta) qui est propriétaire de la marque « Nòu Ariège Pyrénées ».
Cette marque, qui cible le millier d’agriculteurs qui valorise déjà sa production à travers de la transformation à la ferme ou de la vente directe, doit aussi aider à la structuration de filières longues. « Mettre en marché de l’agneau ou du pain 100 % ariégeois, ça ne s’est encore jamais fait », illustre Philippe Lacube. Entre 60 et 70 produits ariégeois (composés à 100 % de matières premières issues des entreprises agricoles situées en Ariège ou fabriqués en Ariège et composés en majorité de matières premières issues des entreprises agricoles situées en Ariège) devraient être labellisés d’ici à la fin de l’année. « Cette marque doit être un levier de développement économique et pas juste un outil de marketing, prévient Philippe Lacube. Elle doit offrir de nouveaux débouchés commerciaux aux agriculteurs déjà installés et à ceux qui envisagent de le faire. »
Outre des corners promotionnels aménagés chez des hébergeurs, des acteurs locaux du tourisme et des commerces de proximité, l’Adafta prévoit d’ouvrir, dès 2022, un magasin de la marque Nòu à Foix et, l’année suivante, une « ambassade de l’Ariège en région toulousaine, dédiée à la vente de produits labellisés, à la restauration et à la promotion du territoire », détaille Philippe Lacube, qui chiffre ces deux projets à près de 2,5 M€. Outre des subventions et un emprunt bancaire, une levée de fonds est en préparation pour financer ces développements. « Nous avons d’une part créé une SCP, Ariège Capital, pour attirer des investisseurs séduits par notre démarche. Une douzaine se sont déjà manifestés, dont le Crédit Agricole, l’Agence Ariège Attractivité, l’agence locale EDF Une rivière Un territoire et des particuliers dont je fais partie. » Et Philippe Lacube de conclure : « Ceux pour qui le ticket d’entrée de la SCP serait trop élevé (10 k€, NDLR) pourront, à partir de 10 €, adhérer à un GIE qui sera actionnaire de la SCP. Enfin, nous ferons aussi appel au financement participatif sur la plateforme Miimosa. »










