Port-la-Nouvelle : Région et Semop affichent leurs ambitions
Tripler la superficie du port et le tonnage traité à Port-la-Nouvelle et créer un port de la transition énergétique, telles sont les ambitions de la Région et de la Semop mises en avant le 23 juin. Si 234 M€ ont été injectés pour moderniser l’infrastructure, la Semop (société d’économie mixte à opération unique), créée voilà un an, prend le relais en investissant 300 M€ dans les équipements afin d’accélérer l’activité portuaire et industrielle. « D’ici 2026, les terminaux permettront d’accueillir de grands navires pour porter les trafics à 6 Mt d’ici 2030, un hub logistique éolien flottant de 30 ha, un site de production d’hydrogène et 70 ha de zone logistique », indique Yann Wickers, DG de la Semop.
La transformation du port s’achève
La Région Occitanie et la Semop, qui réunit des partenaires publics et privés avec le groupement d’entreprises Nou Vela (Deme concessions, Euroports Group BV, Qair, Epico, CCI Aude), ont organisé une visite du chantier d’extension du port qui sera source de 1 500 emplois créés à terme. « Sans ces investissements, il n’y aurait plus eu de trafic sur le port dans quelques années. Cette modernisation du port doit accompagner la souveraineté alimentaire, énergétique et industrielle au niveau national comme européen, suite aux effets du conflit russo-ukrainien », déclare Carole Delga, présidente de la Région Occitanie qui porte les investissements aux côtés du CD11, du Grand Narbonne, de l’État et de l’Europe (234 M€). Ils ont déjà permis la livraison du terminal éolien (quai et plateforme de 7 ha) à la Semop fin 2021 tandis que le dragage et les nouvelles digues seront achevées fin 2023. La construction des digues a aussi induit la création d’une usine de fabrication d’acropodes (bloc de béton) par Lafarge servant à la réalisation des digues. « 17 500 acropodes seront fabriqués à terme, dont 60 % ont été réalisés », indique Bouygues qui fabrique les digues.
Développer le trafic jusqu’à 12 M tonnes
« Ce qui nous intéresse, c’est de développer la capacité portuaire entre Barcelone et Marseille afin de capter des flux de marchandises et clairement l’industrie de l’éolien flottant », indique Steven Bouckaert, président du consortium d’entreprises Nou Vela. Avec l’appui d’un pool de prêteurs (KfW, KBC, Edmond de Rothschild Asset Management, Munich Ergo Asset management, Caisse d’Épargne), la Semop va poursuivre les travaux d’infrastructure avec la livraison en 2025 d’une zone d’activité logistique portuaire de 70 ha embranchée fer et d’un terminal multi-vracs doté de deux nouveaux quais et d’un nouveau poste de déchargement des vracs liquides dans un bassin de 14,5 mètres de tirant d’eau grâce au dragage réalisé par le groupe Boskalis. Les quais et les installations réalisées permettront de traiter des flux de colis lourds.
« Le port qui traite des navires de 10 000 t et des pétroliers de 30 000 t sera en capacité de traiter des volumes allant de 60 à 80 000 t de poids de marchandises », note Laurent Moullie, directeur commercial du port. « Les investissements de la Semop vont notamment permettre de développer les trafics de marchandises comme les céréales notamment d’Occitanie à l’export », commente Carole Delga. Et Yann Wickers, DG de la Semop d’ajouter : « le port traite moins de 2 M tonnes de marchandises, un trafic en hausse. Nous visions 6 M tonnes d’ici 2030 et 10 à 12 M de tonnes à terme. Aujourd’hui, les clients viennent nous voir, nous avons de quoi développer les trafics et accueillir les industriels qui sont de potentiels investisseurs sur la plateforme. Modernisé, le port va créer un appel d’air sans créer de concurrence avec les autres ports d’Occitanie de Sète et Port-Vendres ».
Port de la transition énergétique
Ce 23 juin a été inauguré le quai éolien en présence notamment d’opérateurs qui s’apprêtent à répondre aux futures fermes éoliennes flottantes commerciales dont une est prévue en Occitanie, souffle l’institution régionale à La Lettre M. L’occasion pour la Semop de rappeler le projet d’extension du terminal éolien de 23 ha supplémentaires portant la surface à 30 ha pour assurer l’activité construction et maintenance de l’éolien flottant, soit 35 M€ d’investissement au global. « Alors que les projets EFGL et Eolmed de fermes pilotes éolien flottant, soit six éoliennes au large de Gruissan et de Leucate-Le Barcarès utiliseront ce hub éolien flottant pour le montage des flotteurs, des palmes, etc, les opérateurs peuvent vérifier les capacités du port pour accueillir ces futurs chantiers éoliens attendu pas avant 2030 », indique-t-on du côté de la Région. Autre projet phare du port, Hyd’Occ, le site de production d’hydrogène vert qui servira aussi au stockage de l’électricité produite par les fermes pilotes éoliennes en mer. « L’hydrogène vert, c’est le futur », martèle Steven Bouckaert, président de Nou Vela. Présent, Henri Martin, maire de Port-la-Nouvelle confirme que le projet Hyd’Occ est en bonne voie et a tenu aussi à saluer l’enjeu environnemental et touristique qui se joue aussi à travers ce projet de modernisation et de développement de l’activité du port.










