Paul Boyé Technologies planche sur un futur masque FFP2 « tueur de virus »
Son nom ? « Biox ». Sa mission ? « Ce sera un masque tueur de virus », résume Jacques Boyé, président de la société Paul Boyé Technologies. L'entreprise familiale travaille depuis « environ cinq ans » sur une technologie biocide, qu'elle souhaiterait désormais appliquer à ses masques FFP2. Mais pour l'heure, insiste le dirigeant, toutes les phases de test ne sont pas terminées. « L'avancée est extraordinaire, estime cependant Jacques Boyé. Nous avons fabriqué une première série d'un million de masques afin de vérifier qu'ils éliminaient bien le virus de la Covid-19. Les résultats sont excellents. Désormais, nous vérifions l'inocuité des masques, notamment du point de vue des allergies. Si tout se passe bien, nous devrions mettre ce produit sur le marché d'ici à la fin de l'année. »
En attendant ce nouveau masque, Paul Boyé Technologies se concentre sur ses « classiques », les masques FFP2 et chirurgicaux, au moment où les autorités sanitaires préconisent de les privilégier en lieu et place des masques en tissu « maison ». Spécialiste des équipements de protection des biens et des personnes en environnement extrême, notamment pour le marché de la Défense, la société s'est positionnée dès le début de la crise sanitaire sur la production de masques. L'entreprise basée à Labarthe-sur-Lèze, qui a reçu le 25 janvier la visite de Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, en produit 600 000 par jour dans son usine de 15 000 m2.
7 M€ d'investissement
Une centaine de personnes se consacre exclusivement à cette activité, qui, si elle constitue bel et bien une voie de diversification stratégique, n'est pas nouvelle pour la société. Paul Boyé Technologies avait en effet déjà produit plus de 350 millions de masques faciaux de protection respiratoire entre 2006 et 2015 dans le cadre de la lutte contre la grippe aviaire et le H1N1, avant que l'activité ne cesse, faute de commande publique. « À l'époque, on avait les masques, mais pas l'épidémie ; aujourd'hui, nous avons l'épidémie, mais nous n'avions pas les masques », ironise Jacques Boyé qui, pour faire face à la pandémie de Covid-19, a investi plus de 7 M€ (construction d'un bâtiment, création de nouvelles lignes de production, recrutements et formation...).
Un projet encore plus conséquent – de l'ordre de 23 M€ -, qui lui aurait permis d'internaliser l'ensemble des éléments nécessaires à la fabrication des masques, a finalement été écarté, faute de « visibilité suffisante » quant aux commandes étatiques. Depuis le début de la crise, la société a produit plus de 60 millions de masques, dont 35 millions de FFP2. Ses clients ? L'Etat, les collectivités, les acteurs de santé, les entreprises, mais aussi le grand public, via son site paulboye-ventedirecte.fr. L'entreprise, qui compte 310 salariés à Labarthe-sur-Lèze, Bédarieux (34) et Le Vernet (31), emploie également 1 500 personnes à Madagascar (trois usines). Elle a enregistré plus de 100 M€ de CA en 2020.










