Oxylane : le collectif anti-Decathlon se veut confiant
« Nous plaçons nos espoirs dans l’application rapide du moratoire de Jean Castex », annonce à La Lettre M Françoise Hélary, porte-parole du collectif Oxygène opposé au projet Oxylane à Saint-Clément-de-Rivière, en référence à la circulaire du premier ministre demandant aux préfets d'utiliser toutes les possibilités de recours afin d'interdire les projets de centres commerciaux qui artificialiseraient les sols. Le projet Oxylane prévoit de regrouper au sein d’une zone dite « ludo-commerciale » plusieurs enseignes dont Decathlon, Truffaut et O’Tera (une grande surface alimentaire) ainsi que des espaces de jeux et sportifs, un pôle restauration... « Sur les 24 ha de la surface totale, 17 seraient artificialisés. C’est contradictoire avec les objectifs de sauvegarde des terres agricoles, surtout en périphérie des grandes villes, rappelés par les pouvoirs publics, à tous les niveaux : État, Région, Département, au nom de l’émergence d’une agriculture de proximité », observe son mari Jean-Michel Hélary. Et Françoise Hélary d'ajouter : « Certes les élus locaux sont freinés par les indemnités à verser à Decathlon (le porteur de projet, NDLR) en cas d’abandon, mais leurs décisions, qui remontent à plus de dix ans, sont dans ce contexte à réétudier. »
Cinq recours portés par des associations
Les travaux n'ont pas commencé en raison des multiples recours portés par différentes associations, en lien ou pas avec le collectif. Du tribunal administratif de Montpellier à la cour d'appel de Marseille en passant le conseil d'Etat, cinq n'ont toujours pas été jugés. A ce jour, la plupart des parcelles sont en culture : blé dur, maïs… Elles appartiennent à des propriétaires privés (25 familles) qui avaient signé une promesse de vente à Decathlon il y a plus de cinq ans. Le cultivateur y pratique une agriculture intensive. L'idée du collectif, conseillé par des hydrologues et ingénieurs de l'Inra notamment, est de passer à l'agroécologie. Plusieurs pistes sont à l'étude : maraîcher, élevage de volailles, plantes aromatiques et médicinales et enfin cultures céréalières. « Un boulanger de Grabels est intéressé pour y cultiver son blé et de jeunes agriculteurs qui ont visité la zone sont intéressés », assure Jean-Michel Hélary. L’association nationale Terre de liens, également dans la boucle, aurait alors un rôle clé : acheter des parcelles et les louer aux agriculteurs qui n’ont pas les moyens de s’installer.
« Cela relève du pouvoir du maire »
Selon Jean-Michel Hélary, le destin d'Oxylane est entre les mains de la maire, Laurence Cristol. « Le PLU est en phase d’élaboration, il est possible de reclasser les parcelles en zone naturelle, cela relève du pouvoir du maire », insiste-t-il. L'autre solution consisterait à dégainer le PAEN (périmètres de protection et de mise en valeur des espaces agricoles et naturels périurbains), « outil foncier qui permet de geler des terres agricoles et naturelles pour proposer des activités agricoles mais aussi de protéger des milieux patrimoniaux, de créer des sentiers de promenade, d'installer des fermes pédagogiques… » énumère-t-il.










