« Oubliés » du plan tourisme, les autocaristes dans la tourmente
« Nous estimons entre 40 et 50 % la baisse de notre chiffre d’affaires pour l’exercice 2020. Le printemps constitue la période de l’année où notre activité de transport touristique est la plus importante. Or, nos bus sont à l’arrêt depuis début mars », déplore Clément Verdié, à la tête de l’autocariste aveyronnais Verbus (600 véhicules, 650 salariés, CA 2019 : 3 M€). Face aux difficultés financières engendrées par cette situation, le dirigeant s’apprête à déposer une demande de PGE (prêt garanti par l’État). Même analyse pour le Toulousain Alcis Groupe (1 100 salariés, 1 100 véhicules, CA : 24 M€). « L’impact de cette crise est violent. 95 % de nos activités ont été stoppés durant le confinement », résume le gérant de l’entreprise, Stéphane Marcon. Spécialisé dans le transport urbain et scolaire, celui des personnes à mobilité réduite et le transport touristique, Alcis Groupe a activé plusieurs leviers pour faire face à ces difficultés, dont un PGE représentant près de 10 % de son chiffre d’affaires. « Mais si nous avons pu éviter des pertes de trésorerie, je suis inquiet pour l’avenir. Nous allons devoir licencier une dizaine de salariés de notre branche tourisme, basée à Albi. Et si l’activité ne reprend pas normalement, ce sont plusieurs dizaines de licenciements qui sont à prévoir. »
Une activité voyages au point mort
Directeur général du groupe aveyronnais Rubanbleu (CA 2019 : 35 M€, 600 salariés), Vincent Dunez estime entre 15 et 20 % la perte de chiffre d’affaires en 2020. « Nos prestations liées au transport de voyageurs, qui représentent 70 % de l’activité, ont pu reprendre grâce au soutien de nos principaux clients, l’Agglomération de Rodez et la Région Occitanie. À l’inverse, l’activité voyages et excursions est au point mort depuis près de trois mois », souligne le dirigeant.
