Nîmes Métropole reprend la gestion de l'aéroport et lance un audit
Ce lundi 26 mars, Nîmes Métropole (président : Yvan Lachaud) va délibérer sur la mise en œuvre de la subrogation de Nîmes Métropole au syndicat mixte de l’aéroport de Nîmes-Alès-Camargue-Cévennes. Florence Parly, ministre des Armées, lequel avait confié la gestion de l’aéroport au syndicat mixte au départ de la base militaire, a répondu favorablement par courrier à cette nouvelle gouvernance. L'aéroport de Nîmes accuse une baisse de fréquentation en 2017 par rapport à 2016. Selon nos informations, 213 000 passagers ont transité par la plateforme nîmoise l'an dernier contre 214 000 en 2016. Loin des objectifs prévus dans le contrat de DSP (délégation de service public) signé entre le syndicat mixte de l'aéroport et la société Edeis : le contrat prévoyait en effet une fréquentation de 254 000 passagers en 2017.
Nîmes Métropole va dissoudre le syndicat mixte et lancer un audit. « Les finances de l’aéroport sont visiblement accablantes, indique l’entourage d’Yvan Lachaud à La Lettre M. Un audit va être missionné en interne. Deux contrôleurs de gestion, qui ont déjà travaillé sur les contrats avec Keolis et l’eau/assainissement, vont à présent se pencher sur les comptes du syndicat mixte. » Au programme d’Yvan Lachaud : rencontre avec le directeur général de l’aviation civile à Paris, avec les salariés de l’aéroport, les entreprises de la zone, et le chef du corps du régiment du train, basé à l’aéroport. « Ils ont des hangars en bord de piste, avec une grande hauteur sous plafond, ce dont ils n’ont pas besoin. Une douzaine d’entreprises seraient par contre intéressées pour s’installer dans ces hangars, adaptés à leurs activités. Une optimisation du site s’impose. » Des contacts sont pris avec la direction de l’aéroport de Montpellier Méditerranée, pour travailler en complémentarité « sur les vols, les navettes et le fret. On va tout mettre sur la table ». La ligne vers Fès, existant déjà à Montpellier, va être abandonnée. Les lignes vers Charleroi, Liverpool et Londres seront maintenues.
Dans une vidéo postée sur le compte Facebook de Nîmes Métropole, Yvan Lachaud déclare : « L'aéroport se trouve face à de graves difficultés, à la fois financières et surtout juridiques. Les décisions prises par le syndicat mixte, notamment une sur le subventionnement de la ligne Nîmes-Fès, est aujourd'hui attaquée devant le tribunal administratif par le préfet du Gard, qui avait averti sur le caractère illégal de cette délibération. Aujourd'hui, l'aéroport travaille contre le préfet du Gard, contre la compagnie Air France, contre l'aéroport de Montpellier, contre l'aviation civile. Le ministère des Armées, dans son acte du 20 août 2011, disait qu'à tout moment, la communauté d'agglomération de Nîmes pouvait subroger, prendre le pouvoir à la place du syndicat mixte. C'est ce que nous essayons de construire depuis trois mois avec la ministre Florence Parly, son cabinet et ses services. » Suite au vote de la mise en œuvre de cette subrogation, attendu lundi 26 mars en conseil communautaire, Nîmes Métropole doit se voir confier la gestion de l'aéroport, propriété de l'État. « Je compte mettre en place un comité de pilotage portant sur l'avenir de cet aéroport, avec l'ensemble des partenaires : Département, Région, État, et toutes les collectivités qui souhaitent s'y associer, ajoute Yvan Lachaud. On doit travailler sur des complémentarités au niveau de l'aviation civile. Si on retire notre ligne Nîmes-Fès, en accord avec Ryanair, parce que la ligne Montpellier-Fès opérée par Air Arabia est concurrente et ne coûte pas un centime au contribuable, ça veut dire qu'on fait un geste. Montpellier en fera un autre dans l'autre sens. Nous avons des fonciers, et des formations aéronautiques lancées par la Région, avec une licence professionnelle qui devrait voir le jour d'ici un an ou deux. »










