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Haute-Garonne
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Aéronautique et spatial
| 8/12/2021

New Space : pourquoi Loft Orbital lève 125 M€

L'annonce – majeure - est scrutée avec une grande attention par l'écosystème spatial toulousain, qui rassemble environ 15 000 emplois dans quelque 400 entreprises, alors que la filière smallsats du territoire est actuellement en pleine structuration. La start-up d'origine américaine Loft Orbital, qui a implanté en 2019 son centre d'innovation et de R&D dans la Ville rose, lève 140 M$, soit environ 125 M€, pour accélérer son développement à l'international et le déploiement de ses technologies. L'opération, menée par BlackRock Private Equity, réunit Bpifrance - via son fonds Large Venture -, ainsi que les investisseurs historiques de la société : Foundation Capital, Uncork Capital et Ubiquity Venture. « Ces nouveaux financements nous donnent de la visibilité, mais aussi de la crédibilité vis-à-vis de clients potentiels », confie à La Lettre M Antoine de Chassy, président de Loft Orbital.

Un coup d'accélérateur
La société de 75 salariés, qui développe un service de microsatellites partagés entre plusieurs clients, a déjà procédé à deux mises en orbite en juin dernier. Deux autres sont prévues l'an prochain. Après un premier tour de table de 13 M$ en 2019, cette nouvelle levée de fonds massive doit permettre à Loft Orbital de donner un coup d'accélérateur à sa R&D, de façon à optimiser ses outils de déploiement, de contrôle et de pilotage de missions spatiales. L'objectif d'Antoine de Chassy ? Donner à ses clients «
accès à l'espace, aussi simplement qu'une commande de produits et services technologiques sur internet ». Pour cela, la start-up s'appuie sur un service global, comprenant tous les segments clés d’une mission spatiale : achat des plateformes satellitaires, services AIT (assemblage, intégration et test des systèmes spatiaux et aérostats), réservation d’un lancement, licences et assurance, mais aussi gestion des opérations orbitales et sols.

Doublement des effectifs en 2022
Pour assurer son développement, la société souhaite doubler ses effectifs l'an prochain, pour atteindre le cap des 150 salariés répartis entre Toulouse et les États-Unis. Le site de la Ville rose, qui compte actuellement 22 salariés, devrait accueillir
« entre 25 et 30 » nouveaux collaborateurs en 2022, ce qui conduira Loft Orbital à s'implanter dès mai prochain dans de nouveaux locaux « d'environ 1 000 m2, toujours en centre-ville », explique le dirigeant, qui précise que la société pourrait compter jusqu'à « 300 personnes fin 2023 ». Loft Orbital prévoit le déploiement d’une constellation satellitaire à l’horizon 2025, avec une cadence de lancement trimestrielle attendue dès 2023. Une feuille de route ambitieuse pour la société, qui entend travailler en synergie avec l'écosystème spatial toulousain, « particulièrement dynamique, sans pour autant tomber dans le travers du « village gaulois » ». Car dans un jeu résolument mondial, « il est important de voir au-delà du microcosme », insiste Antoine de Chassy.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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