Montpellier : la nouvelle autoroute A9 sera livrée avec au moins six mois d'avance
Au sud de Montpellier, bientôt la fin du plus gros chantier autoroutier en cours en France, pesant près de 800 M€*, entièrement financés par Vinci Autoroutes. Avant la prochaine période estivale, la nouvelle autoroute A9, longue de 25 km (12 km de voies nouvelles et 13 km d’élargissement in situ), sera mise en service, avec une avance de 6 à 8 mois sur le contrat passé avec l’État. Une inauguration officielle de cette nouvelle autoroute est prévue en mars, 50 ans après la mise en service de l’actuelle autoroute A9, en 1967.
L’infrastructure nouvelle (limitée à 110 km/h), jalonnée de 60 ouvrages d’art, dont un viaduc de 600 mètres de long enjambant deux cours d’eau (Lez et Lironde), accueillera le trafic de transit. L’autoroute actuelle (limitée à 90 km/h) sera, sur ce tronçon, dédiée au trafic local et rebaptisée A709. L’opération, décidée par l’État après des années d’atermoiements, consiste à séparer, fluidifier et sécuriser les flux, dans un secteur parmi les plus encombrés du réseau ASF : « 100.000 véhicules/jour en moyenne annuelle, dont 20 % de poids lourds, avec, l’été, une moyenne de 130.000 véhicules/jour, et des pointes à 170.000 », indique Salvador Nunez, directeur d’opérations de Vinci Autoroutes. 50 % des flux emprunteront la nouvelle autoroute.
Le projet ne se limite pas à la construction de la nouvelle autoroute : l’A9 actuelle a fait l’objet d’une requalification environnementale (60.000 m2 d’écrans de protection phonique, 350.000 m3 de merlons acoustiques, implantation de 75.000 jeunes plants, 130.000 arbustes et 2.000 grands arbres), l’échangeur de Vendargues a été repris, la barrière de péage de Gallargues est démantelée et celle de Saint-Jean-de-Védas reconfigurée pour permettre au trafic de transit de ne plus avoir à s’arrêter à deux reprises.
Double spécificité : les travaux ont été réalisés en milieu périurbain et, pour les 13 km élargis de 2X3 voies à 4X3 voies, sous exploitation. Ils sont aujourd’hui quasiment achevés. « Il reste encore quelques travaux de chaussées, la pose des glissières et des séparateurs, l’installation d’écrans acoustiques et les aménagements paysagers », précise l’ingénieur. Place à l’information, via une application mobile, un site Internet, des communications à répétition… « Rien d’autre que la mise en service ne montrera quel est le comportement réel des gens face à ce changement. Mais les nouvelles habitudes devraient vite chasser les anciennes. »
Si la nouvelle A9, désormais bien visible, n’a pas suscité d’oppositions militantes – de type Notre-Dame-des Landes -, son utilité est parfois critiquée localement, pour son côté inachevé. Les questions de la transformation de l’actuelle A9 (future A709) en boulevard urbain, et de l’exploitation de ce grand tronçon gratuit de 20 km, ne sont en effet pas réglées. Les collectivités locales devraient reprendre ce tronçon à terme. Mais « tant que l’État n’a pas décidé de transférer l’A709 à une collectivité, le contrat d’ASF continue », indique Salvador Nunez. En période de disette budgétaire, les collectivités potentiellement concernées (Département, Métropole de Montpellier, Région Occitanie) ne semblent pas se bousculer. « L’exploitation, la maintenance et l’entretien des tronçons urbains coûtent beaucoup plus cher que les sections situées en rase campagne : il y a plus de casse, plus de trafic, plus d’interventions, plus de congestion », souligne l’ingénieur.
Autre motif de contestation, soulevé par Cyril Meunier, maire de Lattes, commune voisine de Montpellier : « Ce projet ne règle en rien les bouchons matinaux au niveau des échangeurs autoroutiers à hauteur de Montpellier. » Salvador Nunez admet que « des améliorations sont possibles – création d’intersections nouvelles par exemple -, mais ce n’est pas du ressort d'ASF ».
Le chantier, qui a duré 4 ans, a représenté 4 millions d’heures travaillées, 2.200 contrats signés (dont 74 CDI) et 184.000 heures d’insertion, dans le cadre de conventions passées avec la Direccte et Pôle emploi. À plus long terme, les projets de déviation est et de contournement ouest de Montpellier devraient venir se raccorder à l’A709, pour former une rocade autour de la capitale languedocienne, et assurer une liaison rapide entre l’A750 (venant de Clermont-Ferrand) et l’A9.
* 647,5 M€ pour la nouvelle autoroute ; 132,5 M€ pour la requalification environnementale de l’actuelle A9.










