Monkilowatt démarre la fabrication de ses abris autonomes en énergie
Le toulousain Monkilowatt (deux salariés, siège à Toulouse, bureaux sur la base de Francazal), fondé en 2016, passe à partir de ce printemps de la phase de R&D à celle de fabrication et de commercialisation de ses abris autonomes en énergie. Transportable dans un conteneur maritime, l’abri - qui peut couvrir une surface de 75 à 200 m2 - peut être déployé en moins d’une demi-journée (pour le modèle de 100 m2) par deux personnes seulement, selon Jean-Marc Lalane, directeur de l’entreprise. L’abri est autonome en électricité grâce à des panneaux photovoltaïques, placés sur une structure de 3 m de haut. « Sous la structure, l’intérieur est modulable par zone de 25 m2 », précise Jean-Marc Lalane. La solution Monkilowatt s’adresse à divers marchés : l’événementiel en remplacement des traditionnels tentes et chapiteaux et les bases de vie (militaires, ONG, chantiers) à la place des bâtiments préfabriqués.
Cinq abris cette année
Monkilowatt lance cette année la construction de ses cinq premiers abris, qui représentent chacun un investissement de 200 k€. « Nous sommes à l’orée de signer nos premiers contrats. Cela aurait dû démarrer en 2020 dans l’événementiel, mais la crise de la Covid a repoussé les échéances », témoigne le chef d’entreprise. Monkilowattt propose, pour l’heure, deux types de contrats à ses clients potentiels : l’achat ou la location d’abri. « L’achat va être avantageuse pour de grosses entreprises de BTP qui sont habituées à louer des préfabriqués à l’année. La location pourra être intéressante pour le secteur de l’événementiel, dans le cadre des festivals par exemple », précise Jean-Marc Lalane, qui à terme envisage également de vendre ses abris à des spécialistes de la location.
« Le marché potentiel est énorme »
Actuellement, l’utilisation d’un tel abri revient 10 à 15 % plus cher que le recours à des préfabriqués et des groupes électrogènes, admet l’entrepreneur, « mais sous trois à cinq ans, la tendance va s’inverser : le prix du gasoil va augmenter tandis que celui des batteries – ce qui coûte cher actuellement dans nos abris – va diminuer ».
Dans cinq ans, Monkilowatt prévoit d’avoir construit 500 abris et d’en assembler entre 150 et 200 supplémentaires chaque année. L’entreprise vise le million d’euros de chiffre d’affaires cette année et 30 M€ pour 2025. « Le marché potentiel est énorme, affirme Jean-Marc Lalane. Rien qu’en région Occitanie, 200 000 préfabriqués sont loués chaque année. Au niveau mondial, la vente de groupes électrogènes représente 10 Md€ par an. » Avec de telles perspectives, Monkilowatt prévoit de compter une cinquantaine de salariés en 2025 et de faire travailler 200 emplois indirects en sous-traitance.
Un manque de soutien régional
Jean-Marc Lalane déplore toutefois le manque de soutien de la Région Occitanie. « Nous sommes sollicités par plusieurs Régions de France, qui voient dans notre projet une opportunité de création d'emplois sur leur territoire. Nous aimerions rester en Occitanie, mais si d'autres régions sont plus accueillantes, nous pourrions partir », affirme le chef d'entreprise. Pour lui, si la Région veut devenir « première région à énergie positive » de France, elle doit encourager ses entreprises du secteur. « Nous ne demandons pas des subventions, mais au moins que la Région nous sollicite pour équiper les événements qu'elle organise ! », s'agace Jean-Marc Lalane.










