MedinCell vise 150 recrutements
Experte de la libération contrôlée des médicaments*, l'entreprise pharmaceutique MedinCell (90 salariés, Jacou), créée en 2002, annonce une cinquantaine de recrutements - biologistes et chimistes principalement - en 2016, soit autant qu'en 2015. Les effectifs devraient atteindre au moins 250 salariés d'ici à 2020, indique David Heuzé, responsable de la communication, à La Lettre M. Raison de cette croissance : la hausse des partenariats avec des laboratoires, intéressés par la technologie Bepo, brevetée dans 70 pays (dont les Etats-Unis, depuis mai 2015) et mise au point par le président-fondateur, Anh Nguyen. Intérêt des produits, tous élaborés à partir de molécules génériques (libres de droit) : ils doivent permettre, à l'horizon 2019-2020, d'administrer en une seule piqûre mensuelle, voire annuelle, l'équivalent de cachets pris plusieurs fois par jour par les patients, et ce à un prix très compétitif.
Blockbusters. Six produits, « tous des blockbusters potentiels (au moins 500 millions de dollars de revenus annuels, NDLR) lorsqu'ils seront en vitesse de croisière », sont à ce jour en développement sur la plateforme technologique héraultaise, avec cinq partenaires. Les champs d'application sont vastes : maladies mentales (bipolarité, schizophrénie), traitements de la douleur, contraception, maladies tropicales, cardiologie, oncologie. Parmi ces partenaires, on compte Sandoz (division générique du laboratoire Novartis) et un groupe de chirurgiens américains.
L'entreprise, dirigée depuis 2008 par Christophe Douat, emménage en mai dans des nouveaux locaux de 1 400 m2 (Parc Clément Ader), situés à 200 mètres des locaux actuels (600 m2), qui seront conservés, pour les activités de recherche et accueillir, à terme, un projet d'incubateur. 1 M€ est injecté dans l'aménagement des nouveaux locaux, qui comprendront salles de formation et de réunion, laboratoires répondant aux dernières normes et open space de travail. Aménagés dans un esprit start-up, les deux étages seront reliés par un toboggan et sont customisés par trois street-artistes de Montpellier - Gum, Salamech, Pkstear. « Le but est de pousser les collaborateurs à aller au-delà de ce qu'ils font actuellement », conclut David Heuzé. Hubert Vialatte
* Plateforme technologique Bepo : un gel enrobant à base de polymères biodégradables assure une diffusion progressive, de quelques jours à plusieurs mois, des principes actifs dans l’organisme.
D'ici à 2020, MedinCell devrait lancer 15 produits supplémentaires en développement, « chaque lancement de produit nécessitant la création d'une équipe dédiée de 20 à 30 personnes ». MedinCell, détenu à 60 % par Anh Nguyen et à 40 % par les salariés, ambitionne de générer « plusieurs milliards de revenus d'ici quelques années, ce qui ferait de nous une Licorne de la pharmacie », ajoute David Heuzé. Tout en souhaitant casser le système actuel de l'industrie pharmaceutique. L'objectif d'Anh Nguyen, un biologiste à la triple nationalité (Français, Américain, Vietnamien), discret millionnaire et ex-associé de l'Américain Invitrogen, « c'est de créer des médicaments moins chers. L'inflation de certains coûts de santé est injustifiée. Les dépenses marketing de l'industrie pharmaceutique sont exponentielles. La Sécurité sociale paie de la publicité pour vendre des médicaments, pendant que les populations des pays émergents n'ont pas accès aux soins, faute de moyens. »
Incubée à Cap Alpha (BIC de Montpellier Méditerranée Métropole) entre 2003 et 2007, l'entreprise n'a pas levé de fonds à ce jour, faisant financer ses programmes de recherches par ses partenaires scientifiques, avec qui elle doit partager les profits de la vente future des médicaments. MedinCell étudie une cotation Nasdaq et l'apport de financements privés « pour accélérer les programmes en cours et en lancer d'autres ».










