L’Université fédérale de Toulouse valide son projet Idex
Avec 41 voix « pour », 7 voix « contre » et 4 abstentions, le CA de l’Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées (UFTMP) valide le 15/12 la candidature toulousaine au label Idex (Initiative d’excellence). « Nous avons été obligés d’organiser une consultation électronique de nos administrateurs, car l’AG a été envahie par une soixantaine de personnes, étudiants et membres du personnel, qui nous ont empêché de délibérer », explique à La Lettre M Philippe Raimbault, président de l’UFTMP, qui entend envoyer le dossier de candidature « dès ce lundi » 18/12. Interview.
Quel est le calendrier, désormais ?
Une partie du jury Idex doit venir nous rendre visite en février, puis, en mars, nous formerons une délégation afin de porter le projet. D’ordinaire, la labellisation est ensuite quasi immédiate. Par conséquent, fin mars au plus tard, nous devrions être fixés.
Toulouse avait perdu le label Idex en 2016 et souhaite désormais le reconquérir. Pour quelle raison ?
Ce label est avant tout une reconnaissance, une distinction qui ferait de Toulouse une université de premier rang au niveau mondial. Les effets seraient immédiats, en termes de partenariats industriels, mais aussi académiques et culturels. L’aspect financier est lui aussi très important, avec une dotation de 750 M€, qui génèrerait environ 25 M€ d’intérêts par an, sans compter les effets leviers.
Votre projet consiste-t-il à fusionner les universités toulousaines ?
À vrai dire, je n’aime pas le mot « fusion ». Car dans notre projet, nous ne réutilisons pas la structure de gouvernance actuelle des universités. Nous souhaitons procéder à une « intégration ». Les établissements (Université Toulouse II Jean-Jaurès, Université Toulouse III Paul Sabatier, Insa, et INP, NDLR) vont se rapprocher, mais en conservant des structures de gouvernance de proximité, avec la création de 6 collèges et d’un observatoire. Bien entendu, il y aura des mutualisations, notamment en matière de stratégie internationale. Et les établissements actuels vont, c’est vrai, changer de personnalité juridique.
Les syndicats, d’étudiants comme de membres du personnel universitaire, sont vent debout contre ce projet. Comprenez-vous leur position ?
Il faut regarder les choses avec attention. En analysant les résultats des différents CA des établissements concernés, on constate que le projet remporte une large adhésion, à l’exception de l’Université Jean-Jaurès, où les délibérations ont été très serrées (17 voix « contre », 17 voix « pour » et 1 abstention, NDLR). Cela s’explique par le fait qu’il y a toujours plus de réticence au sein des universités de sciences humaines, qui ont la crainte d’être « mangées » par les sciences fondamentales. À Jean-Jaurès, il y a un débat, qui est parfaitement légitime. Nous devons répondre aux craintes exprimées. Je le répète : non, nous n’avons pas l’intention de générer davantage de sélection à l’entrée, comme cela est redouté. Non, les frais d’inscription n’augmenteront pas. Et non, les conditions de travail ne seront pas altérées, puisqu’elles s’aligneront à la hausse. Le dialogue est aujourd’hui difficile, malheureusement, car nous faisons face à des procès d’intention.










