L’Opéra Orchestre national de Montpellier veut développer le mécénat d’entreprise
50 k€ en 2018, avec un objectif de 500 k€ dans deux ans : l’Opéra Orchestre national de Montpellier (OONM) veut faire progresser son nouveau pôle mécénat d’entreprise, indique, le 18 décembre lors d’un point presse, Philippe Saurel, président de Montpellier Méditerranée Métropole (3M), principal contributeur de l’OONM (13,5 M€ de subventions, sur un budget de 23,5 M€), aux côtés de Didier Deschamps, président de l’OONM de 2014 à ce jour. Son successeur va être nommé dans les prochains jours. Jean-François Carenco, actuel président de la commission de régulation de l’énergie, et ex-préfet de l’ex-région Midi-Pyrénées, est pressenti.
« Le mécénat ne doit pas être la variable d’ajustement des collectivités pour se désengager, a prévenu Philippe Saurel, en référence à la réduction de la participation de la Région Occitanie (3,8 M€ en 2018). Il faut le construire. Il en va de la pérennité de la structure, pour faire rayonner l’orchestre. » « Ce n’est pas le moment où il y a le plus de mécènes disponibles, a ajouté Didier Deschamps. Les entreprises sont sollicitées par le Musée Fabre et les clubs sportifs. » Une chargée de mission (mécénat, partenariats et développement commercial), Ludivine Malacan, vient d'ailleurs d’être recrutée par l'OONM. Native de Montpellier, elle a été en charge pendant 11 ans du mécénat d’entreprise à l’Arop (association pour le rayonnement de l’opéra national de Paris).
La personnalité du futur président de l’OONM ? « Une personnalité capable de protéger l’orchestre, qui est toujours fragile, a répondu Philippe Saurel. Il faut une personnalité d’envergure nationale, puisque l’OONM est national, et que ce double label national n’est en rien menacé. Il doit assurer la pérennité de la structure, dans la sérénité, en augmentant la partie artistique. Les subventions sont parfois retirées à des moments cruciaux de la vie de l’orchestre. Il faut donc trouver des marges de manœuvre, des financements externes, pour pallier ce genre de problème. Il faut quelqu’un qui a du réseau, à même d’aller voir les présidents des collectivités locales, de taper à la porte du ministère de la Culture, d’aller chercher du mécénat. »
Didier Deschamps revient sur quatre années « de guerre »
« J’ai été bombardé président de l’OONM en 2014, pour sauver l’OONM, a retracé Didier Deschamps. À l’époque, l’entité traversé une triple crise : artistique, sociale (un conflit très violent autour de la personnalité de Jean-Paul Scarpitta) et budgétaire. C’est cette dernière qui a focalisé l’attention des médias et des politiques. La mission était simple dans son énoncé, moins dans sa mise en œuvre. Le travail a été collectif, avec Valérie Chevalier, et Anne Laffargue, notre administratrice générale. Cela aura été quatre ans et demi de galère. De galère (sic). Je n’exagère pas. J’ai fait dix ans l’aviron en compétition : ramer, je sais faire ! Le plan de redressement a été validé en février 2015. Il a compris une mise en activité partielle de l’ensemble du personnel en 2015, puis la mise en place d’un plan de départs volontaires, avec 33 suppressions de postes permanents, répartis par tiers entre musiciens, administratifs et techniciens, une réduction des frais de fonctionnement, qui ne pèsent plus aujourd’hui que 2,5 % des frais de la maison. L’OONM ne mène pas grand train. Nous avons négocié avec Montpellier Events pour le loyer du Corum, et augmenté les recettes propres. Un club des mécènes a été créé. Notre restructuration administrative a anticipé les observations de la chambre régionale des comptes, lesquelles portaient sur la période antérieure à la nôtre. Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, a feint de l’ignorer pour nous accuser de mauvaise gestion, en se référant à un rapport qui ne nous concernait pas. Nous avons lu de la part de personnalités de premier plan des déclarations infondées, injustes, voire malveillantes. Nous ne sommes pas laissés impressionner, on a continué le plan de redressement. Tous les engagements pris il y a quatre ans ont tous été tenus, dans les délais. Notre déficit, de 1,6 M€ en 2016, dû au montant des indemnités de licenciements, est aujourd’hui totalement résorbé. La restructuration de la maison est terminée. La qualité artistique est de retour, avec un orchestre au meilleur de sa forme, une programmation artistique dérangeante, audacieuse et novatrice, qui a replacé l’OONM sur le devant de la scène lyrique nationale et internationale. Et la paix sociale est restaurée. Je retrouve aujourd’hui ma liberté, et une sérénité largement perturbée. Ceux qui étaient censés nous soutenir nous ont soutenus comme la corde soutient le pendu (sic). Seule la Métropole de Montpellier a augmenté ses subventions, et apporté son soutien moral, sa confiance totale. Depuis fin 2010, date de la mort de Georges Frêche, nous avons perdu 4,5 M€ de subventions, dans un budget où la masse salariale et le loyer pèsent pour 75 %. Il est choquant que ceux qui nous ont coupé ou rationné les vivres se permettent de nous reprocher d’avoir des difficultés à boucler nos fins de mois. Nous avons gagné notre bataille de 14-18 (2014-2018), il restera à mon excellent successeur à gagner définitivement la guerre. »
Philippe Saurel est revenu sur la spécificité de l’OONM. « À Toulouse, l’Orchestre est porté essentiellement par la Ville, en régie. À Lille , c’est la Région Hauts-de-France. Chaque orchestre fonctionne par rapport à sa structuration, laquelle est liée à une construction dans l’histoire. Un désengagement de la Région dans l’OONM peut créer un déséquilibre, même si le niveau de cette collectivité est plus important ici qu’ailleurs. » L’OONM emploie 205 salariés permanents, dont 86 musiciens.










