Les Grands Buffets se disent victimes de contrefaçons et taclent le chef Joël Robuchon
Premier restaurant hors Paris en termes de CA (14 M€) et de fréquentation (340 000 repas par an), Les Grands Buffets (110 salariés, Narbonne) se disent victimes de contrefaçon intellectuelle et de parasitisme de la part d’investisseurs chinois, dans un entretien accordé à La Lettre M ce lundi 25 juin.
« Deux frères ont ouvert, en deux ans, deux établissements en France, identiques en tous points à notre concept : La Table d’Oc à Villeneuve-les-Maguelone (34) et La Table d’Arcins à Bègles (33). Y sont proposés les mêmes gammes de produits, le même fontaine à chocolat, la même rôtisserie panoramique, les mêmes meubles et mobiliers… », indique Louis Privat, fondateur et PDG des Grands Buffets. Ce prétendu plagiat s’opèrerait alors que les Grands Buffets s’apprêtent à dupliquer leur concept dans de grandes capitales européennes, « en s’adossant à un groupe qui a le savoir-faire d’un tel développement. Il est rageant de voir qu’on est copiés, alors que depuis dix ans, nous testons notre modèle marche après marche, en vérifiant qu’à chaque fois, le public adhère. En 2008, le prix d’un menu était la moitié du prix d’aujourd’hui (35 euros, NDLR). Nous n’avons pas, bien sûr, doublé le prix en deux ans. Nous avons construit une progression qualitative, en introduisant des homards, des broches avec des cochons de lait, des huîtres, du foie gras… Ce sont des études très pointues en termes de vérification des coûts. Et voilà qu’au moment de le déployer à l’échelle internationale, d’autres s’emparent un algorithme d’une grande complexité ».
Le chef étoilé Joël Robuchon dans le collimateur
Les Grands Buffets, dont la marque est déposée et protégée depuis 2008, fourbissent leurs armes juridiques. D'autant plus que Louis Privat vient de découvrir sur Internet la création, à Hong Kong, du restaurant panoramique… The Grand Buffet, au dernier étage d’une tour de standing. Un autre cas supposé de contrefaçon, à l’étranger cette fois. Le chef étoilé français Joël Robuchon a associé son nom au groupe Lisboa Food & Wine LTD, qui exploite ce restaurant. « Joël Robuchon est un immense chef. Il a visiblement associé son nom à une société qui détourne notre nom et notre concept, tempête Louis Privat. Qu’un grand chef français, ambassadeur de la restauration française, associe son nom, même de façon indirecte, à une entreprise qui siphonne et affaiblit notre savoir-faire, c’est hallucinant. Il y a une confusion. C’est comme si un distributeur de Gucci en Asie distribuait aussi des contrefaçons de Vuitton ! » Louis Privat souhaite « des explications » de la part du chef étoilé. « Il ne peut pas ignorer l’existence des Grands Buffets à Narbonne. »
Réponse de Guy Job, associé historique de Joël Robuchon, joint mardi soir par La Lettre M : « On n’ a rien à voir là-dedans. Nous ne sommes pas au courant. Joël Robuchon a, certes, signé à Macao et Honk Kong avec le groupe Lisboa Food & Wine LTD, pour le développement en franchise d'ateliers et de salons de thé à Honk Kong, et d'un restaurant à Macao. Ce groupe est tentaculaire en Asie, avec des casinos, des hôtels... Nous ne sommes pas au courant de toutes leurs activités. En l'occurrence, je découvre cet élément. » Quelle est sa réponse à Louis Privat ? « S'il a été piraté, je compatis. Mais en même temps, dans certains pays, l'antériorité prime : c'est celui qui tire en premier qui est protégé. Et le nom des Grands Buffets n'est pas si original. Joël Robuchon a son Atelier, et il y a 700 restaurants en France qui portent ce nom ! » Louis Privat y va d’un ultime tacle : « Mais nous sommes un établissement provincial, avec une formule de buffet à volonté. Des chefs tels que Robuchon ne nous calculent pas (sic), malgré notre poids économique certain. Notre image est grand public, et n’est pas affirmée dans le cénacle fermé des grandes maisons françaises. »










