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Tarn
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Infrastructures
| 3/12/2021

L'entreprise coopérative Scopelec pourrait supprimer 500 emplois en Occitanie

Un coup dur. « C'est brutal », dénonce Cyrille Rocher, directeur de l'Union régionale des Scop (sociétés coopératives et participatives) en Occitanie, faisant référence à la décision, le 16 novembre dernier, d'Orange, client historique et principal de Scopelec. Dans un courrier, l'opérateur de téléphonie a informé l'entreprise coopérative tarnaise spécialisée dans l'exploitation de réseaux d'infrastructures de télécommunications qu'il ne renouvellera pas son contrat, à compter du 31 mars prochain, le confiant à un autre prestataire, un groupe situé au Luxembourg.

500 emplois menacés
Conséquence pour Scopelec, qui emploie 3
 600 salariés dans les 98 agences du groupe coopératif réparties sur 70 départements français et pèse 465 M€ de chiffre d'affaires : la perte de 150 M€ par an. « Cela veut dire qu'il pourrait y avoir un impact sur 1 500 à 1 800 salariés situés dans les territoires ruraux », assure Cyrille Rocher. 500 emplois sont menacés en Occitanie, 580 en Nouvelle Aquitaine. « C'est clairement un début de condamnation du groupe à moyen terme », regrette le directeur de l'union régionale d'Occitanie.

Logiques comptables
Carole Delga, présidente de la Région Occitanie « dénonce » le projet d'Orange de réduire le volume des marchés. Dans un courrier daté du 3 décembre adressé à Stéphane Richard, PDG du groupe Orange, elle rappelle l'engagement des « acteurs publics et privés dans la relance pour sortir durablement notre pays de la crise économique que nous venons de traverser. Nombre d'entreprises et de leurs sous-traitants ont souffert. En 2020 et 2021, la Région a assuré, au côté de l’État, votre actionnaire, un très haut niveau d'intervention auprès de 65 000 entreprises, permettant de préserver 250 000 emplois en Occitanie. Les logiques comptables qui motivent aujourd'hui votre projet en choisissant un nouveau prestataire basé au Luxembourg ne correspondent aucunement à cette ambition. »
Carole Delga, qui ne mâche pas ses mots, enfonce le clou. « Je ne peux concevoir que votre entreprise, qui se fixe comme objectif "la cohésion sociale et humaine" ainsi qu'une "croissance responsable", traite de cette façon un partenaire historique et ses salariés. J'attends donc que votre décision puisse être réétudiée. »

Anna Thiam / redaction.toulouse@lalettrem.net
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