Le report de la loi foncière est un scandale, selon le président de la Safer Occitanie
Il y a quelques jours, le ministre de l'Agriculture indiquait que la loi foncière, destinée à réguler l'accès aux terres, ne verrait « probablement » pas le jour avant la fin du quinquennat, faute de temps. Pour le Gardois Dominique Granier, président de la Safer Occitanie, « c'est un scandale ». À l'occasion de la présentation du marché foncier rural pour l'année 2019, celui-ci insiste. « Nous avons rencontrer des parlementaires de notre région, nous continuons à faire des propositions. La Safer Occitanie mène déjà une politique forte en matière de portage du foncier, avec la Région mais aussi Terres de lien, Terra hominis, etc. ». Le directeur général de la Safer Occitanie, Frédéric André, poursuit : « le danger est celui d'une forte libéralisation du foncier. Le risque est un agrandissement des structures qui deviennent intransmissibles et, pire, que ce foncier parte vers des fonds sociétaires, en investissement pur. Si cette tendance est économiquement efficace, elle est destructrice pour la vie dans les espaces ruraux. » Toujours à propos de la loi foncière, Dominique Granier estime qu'« il va falloir contrôler les gens qui achètent. En cette période post-covid, on voit bien que la terre et l’eau sont importants. Il va falloir être vigilants. » Et Christian Roussel, directeur opérationnel de la Safer Occitanie, de rappeler que « la cession de parts sociales (cf encadré ci-dessous, NDLR) donne accès à des milliers d’hectares sans obligatoirement changer de propriétaire, cela peut être de la location. Ce marché est suivi de près car, à ce jour, la Safer ne peut exercer un contrôle que si la totalité des parts est cédée. »
Fonds d'aide à l'installation
Par ailleurs, la Safer Occitanie a mis en place en 2019 un fonds d’aide à l’installation des jeunes agriculteurs. 300 k€ y ont été alloués, « ce qui a permis d’aider à hauteur de 2 000€ par jeune agriculteur près de soixante installations, rapporte Frédéric André. Cela représente après de 140 k€ d’aides. La réserve dont nous disposons va nous permettre d’éviter les à-coups et de continuer à soutenir les installations en 2020, malgré une année qui s’annonce difficile pour la Safer au regard des effets de la pandémie. » En effet, même si la structure en elle-même s’est rapidement mise en télétravail et a accéléré la dématérialisation, « un déficit de l’ordre d’1 M€ est à craindre pour cette année. On peut espérer pouvoir rattraper le retard mais nous avons forcément révisé nos perspectives. Les emplois ne sont quant à eux pas remis en question. »
