la lettre M

Haute-Garonne
|
Aéronautique et spatial
| 3/06/2020

Le nouveau plan de vol de LPF

Spécialisé dans la production de pièces et ensembles mécaniques aéronautiques, LPF enregistre « une baisse d'activité d'environ 30 % » depuis la début de la crise, confie à La Lettre M Thomas Corbel, président. « Au-delà de l'aviation commerciale, nous travaillons dans d'autres secteurs moins impactés, comme les hélicoptères », confie-t-il. Pour faire face, l'industriel toulousain a contracté un prêt garanti par l'Etat (PGE) de 10 M€ auprès de son pool bancaire (BNP Paribas, CIC et Banque Palatine), avec le soutien de bpifrance. Le groupe de 700 salariés (dont 240 en Occitanie), qui a enregistré 90 M€ de CA l'an dernier, planche actuellement sur un redimensionnement de ses unités de production. Il vient d'ailleurs de fusionner celles de Sommières (30) et d'Auterive (31) : les deux implantations demeurent, mais elles se concentrent sur les activités les plus porteuses, comme les pièces d'hélicoptères. Une décision « prise avant le Covid-19 ». Côté ressources humaines, LPF « évalue l'impact des baisses de cadences », tout en réinternalisant un maximum d'activités. A ce jour, environ 20 % de ses effectifs restent en télétravail, tandis que le chômage partiel concerne 20 % de ses salariés d'Occitanie et jusqu'à 50 % de ses équipes de Savigny-le-Temple (77). Le groupe, qui estime que son volume d'activité 2020 pourrait se situer « entre 63 et 70 M€ », a maintenu 5,5 M€ d'investissements (parc machines) cette année. « Ils étaient déjà engagés, indique Thomas Corbel. Nous sommes cependant parvenus à annuler une enveloppe de 1,5 M€. » Aujourd'hui, LPF, dont l'unité de production de Casablanca a développé un respirateur artificiel déjà commercialisé auprès de l'Etat du Maroc, souhaite se diversifier dans d'autres secteurs. « La santé en fait partie, mais il peut y en avoir d'autres », prévient Thomas Corbel. Un capitaine d'industrie qui porte un regard nuancé sur l'avenir de l'aviation civile. « C'est une question que tout le monde se pose : le monde va-t-il changer ? confie-t-il. Je pense que les voyages d'affaires vont se réduire durablement. Sur le tourisme, je suis plus partagé. Nous voyons naître des questionnements au sein de la population. Mais le secteur peut tout aussi bien repartir très vite. »

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net

Une gestion de crise
LPF n'a fermé les portes de ses usines françaises que quelques jours, au tout début de la crise sanitaire. « A la demande d'Airbus, nous nous sommes rapidement organisés afin d'assurer une reprise d'activité, explique Thomas Corbel. Nous avons tout d'abord rouvert nos sites de Lunel (34) et de Sommières le 24 mars, puis ceux de Savigny-le-Temple et Auterive une semaine plus tard. Nos implantations de Casablanca (Maroc) et de Varsovie (Pologne) n'ont quant à elles jamais cessé le travail. Nous avons très tôt mis en place une gouvernance de crise, avec deux réunions de direction chaque semaine. Par ailleurs, nous avons multiplié les échanges avec nos partenaires bancaires, nos clients et nos fournisseurs. »

Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie