Le marché immobilier connaît un dynamisme historique en Haute-Garonne
« Il y a des lustres que je n’avais pas commenté des évolutions aussi notables », s'étonne Philippe Pailhès, notaire à Toulouse et vice-président de l’institut notarial de droit immobilier, à l’occasion de la présentation des chiffres du premier semestre 2021 du marché immobilier en Haute-Garonne, le 28 septembre. Que ce soit sur les volumes des ventes de biens immobiliers et terrains à bâtir (+3,3 %) ou sur les prix médians (+6 % pour les appartements anciens, +4,4 % pour les maisons anciennes), le marché de l’immobilier départemental connaît un dynamisme historique. Une tendance portée par le marché de l’ancien, le neuf étant quant à lui plus atone du fait de la hausse du prix des matières premières et du manque de projets immobiliers.
Des hausses de prix à deux chiffres
Le prix médian des appartements anciens atteint désormais 2 730 € le m2 en Haute-Garonne. « Il y a une très forte demande, par conséquent les gens achètent au prix », explique Maître Pailhès. Ainsi, dans cinq quartiers toulousains (Saint-Étienne, Carmes, Capitole, Saint-Georges, Saint-Aubin), le prix au mètre carré dépasse les 5 000€. « Jamais nous n’aurions imaginé de tels prix il y a encore seulement cinq ou six ans », commente le notaire. Les prix des quartiers de Matabiau (+8,7 %), de Bonnefoy (+13,5 %) et de Marengo-Jolimont (+16,6 %) profitent des annonces de rénovation de la zone. Balma reste la commune la plus chère du département (3 250 €/m2), devant L’Union et Toulouse. Ramonville Saint-Agne, Colomiers, Cugnaux, Fenouillet ou encore Fonsorbes voient leur prix médian augmenter de plus de 10 %.
Le prix médian des maisons anciennes atteint quant à lui 258 800 €, avec de fortes hausses dans certaines communes (14,4 % à Escalquens, +19,5 % à Launaguet, +15 % à Aussonne, +14,6 % à Cugnaux). Les notaires observent également une hausse des prix dans les départements limitrophes, qui profitent de l’arrivée de Toulousains souhaitant acquérir des résidences « semi-principales », selon les termes de Philippe Pailhès. « Avec la mise en place du télétravail, nous constatons une tendance à acheter en deuxième couronne de Toulouse, voire même dans les départements limitrophes », note-t-il. Le Tarn-et-Garonne profite particulièrement de cette tendance, avec une hausse des prix des maisons anciennes de 6,5 %, tandis que le prix des appartements anciens à Montauban a augmenté de 14 % en un an. Les notaires constatent également une relance de l’offre. « La hausse des prix incite les propriétaires à vendre », explique Maître Pailhès. Preuve en est la mise en vente de biens immobiliers acquis depuis moins de cinq ans qui connaît un fort essor. Elle représente désormais un quart des ventes, contre 20 % il y a seulement deux ans. « Ces achats et reventes rapides pourraient bien être les prémices d’un marché spéculatif », affirme le notaire.
Pour Frédéric Giral, notaire et délégué de l’institut notarial de droit immobilier, un second facteur vient expliquer cette tendance : « Le nombre de ventes de biens immobiliers suite à des séparations de couples semble particulièrement important cette année », constate-t-il. Le confinement pourrait effectivement avoir accéléré les séparations. Selon les notaires, le dynamisme actuel du marché est voué à perdurer. « Les prix vont continuer à augmenter, mais certainement à un rythme moins soutenu », estime Philippe Pailhès. Les chiffres du second semestre devraient confirmer la tendance actuelle, mais le premier semestre 2022 pourrait voir un certain ralentissement, probablement temporaire : « On constate toujours un certain attentisme en période pré-électorale », conclut le notaire.
