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Languedoc-Roussillon
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Immobilier
| 23/02/2021

À Nîmes et Montpellier, le marché des bureaux à l'heure du télétravail

L’essor du télétravail en raison de la crise sanitaire impacte les entreprises tant dans leur organisation que leur projet immobilier. Parmi les effets : une diminution des besoins en postes de travail et donc des surfaces immobilières. « Un sondage de Paris Work Place montre que les salariés sont prêts à télétravailler seulement un à deux jours par semaine. Cela devrait faire baisser d’environ 20 % le besoin en surface des entreprises », indique Pascal Brunel, DG du promoteur montpelliérain Cirrus Pégase. Certaines entreprises commencent déjà à réfléchir sur la question de l’optimisation immobilière, à l'instar de la caisse régionale Languedoc-Roussillon du Crédit Agricole. Le projet de reconstruction d’une partie de son siège héraultais à Maurin a été suspendu. « Peut-être qu’il nous faudra l'adapter à la lumière de l’évolution des modes de travail », a déclaré à La Lettre M Christian Rouchon, DG de Crédit Agricole Languedoc-Roussillon.

Mutation de la demande
Si le nombre de transactions enregistré en 2020 sur le marché montpelliérain a baissé de 30 %, les professionnels ne s’attendent pas pour autant à un changement profond mais plutôt à une mutation de la demande. « Les grands groupes réfléchissent sur la répartition à la fois physique et géographique de leurs salariés », selon Christèle Marnas, directrice de l’agence Tourny Meyer Méditerranée à Montpellier. « Nous estimons que les entreprises passeront à des ratios compris entre 60 et 80 % de postes physiques auxquels s’ajoutera le flex office (bureau dépersonnalisé, NDLR), indique Michel Peinado, directeur d'Arthur Loyd Nîmes-Montpellier. Elles ne pourront toutefois pas réduire trop le nombre de postes de travail au risque de déstabiliser leurs équipes ». « Même s’il y a une réorganisation, le bureau reste un vecteur de lien social, confirme Quentin Vergnet, de DTZ Nîmes qui relève que « le marché tertiaire devient une opportunité pour des territoires comme l’agglomération de Nîmes, sur des formats de 300 à 500 m2. »

Redistribution des espaces
La nouvelle organisation du travail va agir sur la redistribution des espaces et les profils de quartiers. « Aujourd’hui, les jeunes générations consomment leur environnement de travail au sens large où se mêlent bureau et vie quotidienne. Cela plaide pour l’essor de quartiers mixtes offrant des services et des commodités près du lieu de travail », note Pascal Brunel. La mixité des usages va amener les entreprises à réfléchir en termes de « mètres carrés utiles auxquels se grefferont 25 à 30 % d’espaces additionnels mutualisés et serviciels : coworking, salle de réunion, conciergerie, salle de sport, espace de convivialité…», complète Philippe-Antoine Brouillard, dirigeant de Vestia Promotions. Si les futurs formats immobiliers sont à peu près définis, reste un frein à lever : celui de la flexibilité juridique. « Il faudra que le bail commercial contraignant laisse place à des contrats de prestations », estime Christèle Marnas.

Véronique Coll, avec Stéphanie Roy
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