Le Grand commandement de l’espace sera basé à Toulouse
C'est à Toulouse que sera implanté le futur Grand commandement de l’espace de l’Armée de l’air – amené à devenir « à terme l’Armée de l’air et de l’espace » -, dont la création en septembre prochain a été annoncée le 13 juillet par le président de la République Emmanuel Macron. Florence Parly, ministre des Armées, l’a confirmé sur l’antenne de France Inter le 14 juillet : « Nous allons rassembler tous les moyens qui sont dispersés dans nos armées et qui contribuent à la bonne utilisation des moyens spatiaux ». Cette structure devrait accueillir 200 personnes « à Toulouse, le grand lieu de l’espace français », avant une « montée en puissance au fil du temps ».
« La localisation à Toulouse est logique »
Interrogé par La Lettre M le 15 juillet, Yann Barbaux, président du pôle de compétitivité Aerospace Valley, qui rassemble 850 acteurs de l’aéronautique, de l’espace et des systèmes embarqués en Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, y voit « une très bonne nouvelle ». « Cela vient concrétiser beaucoup de choses qui sont faites en matière d’intelligence et de surveillance, analyse-t-il. La France n’est pas particulièrement en avance. La “Guerre des étoiles” (initiative de défense stratégique des États-Unis, lancée en 1983, NDLR) remonte quand même à Reagan… Mais c’est bien que cela se fasse. La France a une capacité énorme dans le domaine spatial. Cette nouvelle structuration devrait permettre de mieux organiser les activités pour nos fabricants de satellites. » Et la localisation du futur Grand commandement de l’espace à Toulouse ? « Cela correspond à une certaine logique, compte tenu de l’importance de l’activité satellitaire industrielle dans le territoire », assure Yann Barbaux, qui y voit un argument de poids dans le dialogue avec l’État en matière de financement des innovations spatiales. « Des technologies nouvelles sont à développer, assure-t-il. Tout cela est facteur d’opportunités pour les industriels et l’ensemble de la chaîne. » Un avis partagé par Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et président de Toulouse Métropole, qui indique sur son compte Twitter la « fierté » pour la Ville rose d’accueillir à l'automne le Grand commandement de l’espace. « Une reconnaissance pour notre ville, plus que jamais capitale du spatial, avec le Cnes, la Cité de l’espace et de nombreuses entreprises du domaine », s’enthousiasme l’édile.
Une nouvelle « doctrine spatiale militaire »
« La nouvelle doctrine spatiale militaire qui m’a été proposée par la ministre, et que j’ai approuvée, permettra d’assurer notre défense de l’espace et par l’espace », explique Emmanuel Macron. Objectif : « Assurer le développement et le renforcement de nos capacités spatiales ». De son côté, la ministre des Armées assure que « l’espace est au cœur de nos vies. Lorsque vous utilisez votre smartphone, dans une journée, en général, vous avez recours, en ouvrant vos applications, à entre dix et quarante satellites différents. Donc nous sommes tous de grands utilisateurs d’espace, et nos armées aussi. (…) Nos militaires utilisent l’espace pour communiquer entre eux, pour se géolocaliser, pour observer également des situations, pour se renseigner… » Or, Florence Parly estime que « l’espace est devenu un espace de conflictualité ». Et d’ajouter : « Il y a 1 500 satellites autour de la terre. Il y en aura 7 000 dans dix ans. Et ces satellites sont de plus en plus considérés comme des objets qui peuvent éventuellement être espionnés. (…) Il ne faut pas être naïfs et il faut pouvoir protéger ce qui est vital pour le fonctionnement de nos systèmes de transports, de nos systèmes aériens, de nos hôpitaux… » La Loi de programmation militaire française 2019-2025 prévoit 3,6 Md€ de budget pour le spatial de défense.










