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Biotechs - Santé / Institutions
| 8/02/2021

Le CHU de Montpellier programme un investissement de près d'1 Md€ sur vingt ans

« Les hôpitaux ne se modernisent que si les élus et la population poussent dans le même sens », déclare Thomas Le Ludec, directeur général du CHU de Montpellier, en visioconférence lors du conseil municipal du 8 février. Entendez : le troisième employeur d'Occitanie, avec ses 12 000 agents répartis sur six sites au nord-ouest de la ville, derrière Airbus et le CHU de Toulouse, a besoin des collectivités - la Ville de Montpellier, la Métropole et la Région pilotent le conseil de surveillance - pour se moderniser. En effet, le septième CHU de France en termes d'activités, qui enregistre 200 000 séjours par an, se classe troisième au classement de « la vétusté », pointe-t-il. D'où la publication d'un livre blanc détaillant les besoins et chantiers programmés pour un coût estimé à plus de 915 M€ d'ici à 2040. « Cela représente un coût important mais c’est le prix de notre sécurité », commente Michaël Delafosse, dans l'éditorial de ce document de 83 pages.

Un investissement de 415 M€ à horizon 2030

La modernisation du CHU d'ici à 2030 est estimée à 415 M€. Objectif principal : améliorer les conditions d’accueil et de travail. Cela passe par la réhabilitation des services de soins de quatre sites vieillissants : Saint-Éloi (ouvert à la fin du XIXesiècle, rénové dans les années 90), Gui de Chauliac (1972), Lapeyronie (1982) et Arnaud de Villeneuve (1992). Deux chantiers de taille à horizon 2024 : à l’arrière d’Arnaud de Villeneuve et à proximité de la faculté de médecine, un bâtiment unique de biologie médicale qui doit regrouper, sur 21 000 m2, 18 des 22 laboratoires du CHU (coût : 103 M€) ; à La Colombière, un nouveau bâtiment, d'une surface non précisée, dédié aux soins longue durée et palliatifs (50 M€). En outre, sont prévus, entre 2021 et 2023, des travaux de sécurisation des sites contre les risques d’inondation (15 M€). D'ici à 2030, l'accent sera également mis sur la sécurité incendie (41,5 M€) ou encore la climatisation (coût non chiffré), qui fait défaut aujourd'hui.

Plus de 500 M€ à horizon 2040

Au nom de l'anticipation, le CHU de Montpellier annonce aussi un chantier colossal à Lapeyronie, à horizon 2040, estimé à plus de 500 M€. Les travaux sur ce site portant le nom d'un chirurgien français du XVIIIe siècle doivent notamment simplifier le parcours du patient via le regroupement de trois services : femme-mère-enfant, neurosciences-tête-cou, urgences. « Les projections prévoient que le bâtiment s’organise sur une surface d’environ 114 500 m², avec sept étages consacrés aux soins, à la recherche et l’enseignement », est-il écrit dans le livre blanc.

Du retard sur Toulouse

Alors que 16 % des 67 ha de terrain sont « des espaces boisés classés inconstructibles », peut-on lire, le CHU de Montpellier doit « poursuivre son développement avec un effort sur les patients vulnérables », notamment en gériatrie et addictologie, poursuit le DG. À condition de tourner la page des chambres à deux lits, option privilégiée par les architectes jusque dans les années 70, voire 80. « Nous avons perdu l'an passé 350 lits à cause de la pandémie, car nous ne pouvions pas mettre deux patients par chambre », alerte le dirigeant, précisant que « le CHU de Toulouse, qui a eu une modernisation de 900 M€ sur la décennie 2000, n’en a perdu que soixante ». Et de conclure : « Nous aurons d’autres pandémies au XXIesiècle. »

Retombées économiques

Le CHU de Montpellier se présente comme un « acheteur d’envergure » avec une enveloppe de 362 M€ par an dont 58 M€ au profit d’entreprises héraultaises. L'établissement public estime à 1,8 Md€ les retombées économiques annuelles sur le territoire.

Cyril Peter / peter@lalettrem.net
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