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Haute-Garonne
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Transports - Logistique
| 20/05/2021

L'aéroport Toulouse-Blagnac se cherche de nouveaux relais de croissance

« Depuis un an, on se dit régulièrement que le plus dur est derrière nous. Nous le redisons aujourd'hui. Mais je pense que cette fois-ci, c'est la bonne ! » C'est un discours résolument optimiste qu'a tenu le 20 mai devant la presse Christian Cassayre, président du conseil de surveillance de la société Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB), qui présentait pour l'occasion sa nouvelle identité visuelle (lire en encadré). Dans un contexte particulièrement difficile pour le secteur aérien, la plateforme aéroportuaire toulousaine a enregistré au cours du premier trimestre, avec seulement 409 000 passagers, un trafic en chute libre de 81 % par rapport à celui de début 2019. Mais depuis quelques semaines, « la tendance est à la croissance », constate Philippe Crébassa, président du Directoire, qui indique par ailleurs que le fret, lui, n'a baissé “que” de 34 %. Un relatif maintien lié en partie « au développement du e-commerce », estime le dirigeant.

Cinq ans pour rebondir
C'est pour faire face à cette situation hors normes que l'aéroport toulousain, qui ne prévoit pas un rétablissement total de la situation avant trois à quatre ans, a élaboré un nouveau plan stratégique 2021-2025, baptisé “Care”, pour “Conquérir avec audace pour rebondir ensemble”. « Ce plan répond à plusieurs grands constats, explique Christian Cassayre. Tout d'abord, le trafic aérien ne va pas se redresser aussi rapidement que lors des précédentes crises. Par ailleurs, nous nous attendons à un choc plus structurel dans l'aviation d'affaires, avec des comportements qui vont potentiellement changer durablement. Enfin, la crise, qui s'accompagne d'un dialogue renforcé avec les compagnies aériennes, a mis en évidence un besoin accru de robustesse des aéroports. Nous devons ainsi nous inscrire dans une boucle vertueuse de mutation technologique, environnementale et sanitaire. »

Quatre grands programmes
Concrètement, le nouveau plan stratégique est structuré en quatre grands programmes. Tout d'abord, il s'agira d'« optimiser l'offre et le modèle d'exploitation pour plus de flexibilité, de compétitivité et de sérénité », indique Philippe Crébassa. Autre point, particulièrement stratégique : le développement de « nouveaux relais de croissance rentables ». Sur ses marchés historiques, la plateforme haut-garonnaise, qui a signé le 20 mai une convention de partenariat avec l'Agence d'attractivité de Toulouse Métropole, entend renforcer son positionnement et développer ses revenus commerciaux. Mais au-delà, l'aéroport souhaite développer de nouveaux revenus immobiliers, moins liés à l'industrie aéronautique qu'auparavant. Deux opérations récentes illustrent cette stratégie : les nouveaux locaux d'activité de Barry Controls (groupe Hutchinson), livrés en avril (zone Blagnac 1), et le bâtiment logistique FedEx de 3 450 m2, livrable en octobre prochain (zone Blagnac 1). Côté diversification, la plateforme toulousaine ne s'interdit rien. « Le champ est complètement ouvert » confirme Philippe Crébassa, qui évoque, pêle-mêle, des pistes liées à des événements culturels, à l'utilisation d'espaces comme les parkings ou encore à l'apport d'expertises auprès d'autres aéroports. Troisième grand axe du plan stratégique : la transformation du modèle d'entreprise d'ATB, incluant notamment la digitalisation des processus métier et l'évolution des compétences en interne. Enfin, l'aéroport entend renforcer son « insertion harmonieuse et durable au sein du territoire », au travers d'actions liées à la maîtrise des nuisances sonores, à la gestion des ressources naturelles et des déchets, mais aussi, plus largement, à la RSE. Sur ce front du développement durable, ATB ne manque pas de projets, avec la station de production et de distribution d'hydrogène Hyport, qui devrait être opérationnelle en fin d'année, ou encore le raccordement au réseau de chaleur de Blagnac et l'accueil d'une chaufferie biomasse, qui alimentera dès octobre trois des quatre halls. Par ailleurs, l'aéroport, qui projette d'être « neutre en carbone dès cette année », via des compensations, a récemment été sélectionné par la Commission européenne dans le cadre de son Pacte vert afin de « développer des solutions innovantes qui rendront l'écosystème aéroportuaire durable et décarboné », précise le président du Directoire.
A plus court terme, ATB peut compter, pour accompagner son rebond, sur un programme printemps-été resserré sur la France et l'Europe, avec 66 destinations (18 nationales et 48 internationales) animées par 25 compagnies aériennes.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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