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Languedoc-Roussillon
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Viticulture
| 25/05/2020

La stratégie communication du Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc fait débat

L’organisme de défense et de gestion (ODG) de l’appellation Minervois (140 000 hl) discute actuellement avec le Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc (CIVL) afin de décider s’il reste ou non adhérent de l’interprofession après le 31 décembre 2020. « Nous sommes dans l’attente d’une communication un peu plus représentative de la diversité des appellations représentées au sein du CIVL, résume Philippe Coste, président de l’ODG de l’appellation Minervois. Nous avons le sentiment que la communication - très axée sur le rosé et l’appellation Languedoc notamment - est plus orientée vers les entreprises que nos signes de qualité, or une interprofession est un système associatif de producteurs, associé au négoce, dédié à la promotion des signes de qualité. » Au demeurant, le président de l’ODG assure vouloir « éviter le point de rupture, encore plus dans ce contexte économique, si particulier ».

Les signes de qualité plutôt que les entreprises
Selon Philippe Coste, les caves particulières se sentiraient également un peu lésées par la stratégie de communication mise en place par le CIVL : « près de 55 % des ventes des AOC du Languedoc se font en départ propriété, par de multiples entreprises : s’il n’y a pas de communication autour des signes de qualité, les petits faiseurs ne s’y retrouvent pas. Si la communication est trop axée sur les entreprises, cela exclut de fait beaucoup de monde. Il y a certes dans ces ventes des leaders du négoce régional mais ces derniers les réalisent souvent avec leurs propriétés en propre ». Et de prendre en exemple l’appellation qu’il préside : « 66 % de la mise en marché de l’appellation Minervois se fait en départ propriété, le reste part en vrac vers des marques de distributeurs principalement. Notre intérêt est que le CIVL mette en place une communication sur l’appellation, notre signe de qualité. Le CIVL ne doit pas être dans un système d’accompagnement des entreprises. »

Départ acté pour le Muscat de Frontignan
Du côté de l’ODG de l’appellation Muscat de Frontignan, sa démission du CIVL a dores et déjà été actée en assemblée générale. Elle sera effective le 31 décembre 2020. « Nous ne partons pas en claquant la porte, se défend Bernard Germain, directeur de la cave coopérative de Frontignan, représentant 90 % de la production de l’appellation. Le muscat de Frontignan a un statut un peu particulier: s’il est un produit issu des vignes, il est considéré une fois transformé et mis en bouteille comme un spiritueux, puisque supérieur à 15°, par les acheteurs de la grande distribution française, principalement réseau de distribution de l’appellation. » Par ailleurs, avec près de 20 000 hl produit les bonnes années, l’appellation Muscat de Frontignan « ne pèse pas bien lourd en termes de cotisation (moins de 50 k€ par an, NDLR) par rapport à d’autres appellations comme Corbières ou Minervois. Le travail du CIVL au niveau de la communication du Muscat de Frontignan est donc à la hauteur de ces cotisations… »

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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