La spiruline de Lunel fragilisée par la crise
Entre le confinement et les chaleurs estivales, le producteur de spiruline Algosud (trois salariés, Lunel) accuse deux mois de retard. « Sur huit mois de production, de mars à décembre, ça fait beaucoup. Surtout qu'en cette année de conversion bio, nous devons mener des expérimentations, ce qui entraîne des pertes », raconte à La Lettre M Rémi Bosc, responsable d'exploitation. Autre conséquence de la crise, les travaux d'agrandissement des serres ont été reportés d'un an, pour une livraison fin 2021, car certains composants, fabriqués en Chine, peinent à arriver chez l'installateur. « L'objectif à long terme est de passer de 4 000 m2 de bassins à 20 000 m2 », révèle-t-il.
Une production en huit étapes
Propriété de deux holdings, Patrimonium et Matrimonium, Algosud peut produire chaque année jusqu'à quatre tonnes de spiruline, « une cyanobactérie qui se développe dans les eaux légèrement salées », détaille Rémi Bosc. Riche en fer, magnésium et protéine, celle-ci est très en vogue depuis quelques temps. « Au lancement du projet, en 2000, il n'y avait qu'un seul producteur français, à Lodève. Aujourd'hui, il y en a plus de 200 », estime-t-il. Une concurrence très forte en raison de l'arrivée sur le marché d'industriels qui se fournissent en Inde ou en Chine. « Avec le coût de la main d'œuvre française, difficile de rivaliser sur le vrac. La spiruline chinoise coûte huit fois moins chère », affirme-t-il. D'où ce choix de monter en gamme, avec une production en huit étapes jusqu'au séchage. « L'industriel peut descendre à deux, le séchage est plus agressif et sa spiruline a un goût plus oxydé », tacle-t-il, avant de concéder : « Par rapport à eux, nos marges sont faibles : 15 % maximum ».
E-commerçant
Son produit phare, la spiruline nature en comprimés et en paillettes, se vend sur son site internet (qui pèse 50 % de son activité) ainsi qu'en parapharmacies et magasins bio, chez la Vie Claire notamment. Mais crise oblige, les clients sont moins nombreux. « Dans ce climat d'incertitude, ils préfèrent épargner. Acheter de la spiruline n'est pas une priorité », observe Rémi Bosc, qui s'attend cette année à une baisse de 15 % du CA (400 k€ en 2019).
