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Région Occitanie
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Agri - Agro
| 4/06/2020

Depuis le confinement, la Safer enregistre un engouement pour les biens ruraux

À la troisième semaine de confinement, les consultations du site internet de la Safer* Occitanie et de ses 400 propriétés à la vente ont repris, et bon train, avec une progression de 65 %. « Nous avons eu en deux mois près de 80 demandes de visite de biens ruraux », indique Hervé Flament, directeur du développement de la Safer Occitanie. Depuis le 11 mai, les visites - une soixantaine ont été confirmées - s’enchaînent. Première motivation de ces visiteurs se rêvant néo-ruraux : une « mise au vert ». Des urbains donc - originaires pour plus de la moitié d’entre eux d’Occitanie- en quête de tranquillité. Mais pas à tout prix : si l’absence de voisinage direct, de bruit et de pollution figurent parmi les premiers critères de choix de leur futur lieu de vie, celui de la proximité des commodités suit juste derrière. « C’est tout le paradoxe », sourit Hervé Flament.

Changement de vie
Les départements les plus ruraux de la région sont en tête de ces 80 visites : Lozère, Aveyron, Lot, Tarn, Ariège, Hautes-Pyrénées… Les propriétés font entre cinq et dix hectares, pour des prix allant de 100 et 300 k€ mais parfois 1 M€. Toutes permettent le développement d’une petite activité agricole (maraîchage, élevage, accueil touristique). « Développer une activité agricole, au moins pendant dix ans, est une des conditions d’acquisition d’un bien par l’intermédiaire de la Safer, rappelle Hervé Flament. À défaut, cela peut aller jusqu’à l’annulation de la vente, accompagnée d’un rattrapage fiscal. » La plupart des visiteurs sont des actifs qui veulent changer de vie, poursuit le directeur du développement. Autonomie alimentaire et respect de l’environnement, parfois à travers des projets collectifs avec plusieurs familles, les motivent.

Bilan dans six mois
« Nous serons en mesure de faire le bilan dans six mois, poursuit Hervé Flament, un bien à la campagne ne s’achète pas comme un panier de fruits, il faut laisser mûrir. » Habituellement, les dossiers traités par la Safer s’inscrivent pour moitié dans des projets agricoles et pour l’autre dans des projets d’acquisition de biens ruraux. « Aujourd’hui, nous sommes plutôt à 65 % pour des projets d’acquisition de biens ruraux et 35 % pour des projets agricoles. C’est l’effet Covid-19 sans être pour autant une explosion »​, continue Hervé Flament précisant que, pour le moment, cet engouement pour le foncier rural n’a pas d’impact sur une évolution à la hausse de la valeur de ces biens ruraux.

*société d'aménagement foncier et d'établissement rural

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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