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Région Occitanie
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Conjoncture
| 11/01/2022

La relance économique se poursuivra en 2022, selon la Banque de France

« La tonalité́ générale est favorable », affirme Stéphane Latouche, directeur régional de la Banque de France Occitanie, interrogé par La Lettre M sur les perspectives économiques 2022. Optimiste, il estime que les entreprises ne devraient pas trop souffrir du variant Omicron car « depuis deux ans, elles ont appris à fonctionner avec le virus ». Ainsi, 2022 devrait confirmer la reprise économique constatée en 2021. « L’année dernière, nous espérions que l’économie revienne à la normale à la fin du premier semestre 2022. Nous avons dû revoir quatre fois nos estimations et finalement, la France a retrouvé son PIB d’avant-crise en septembre 2021. » Après + 6,7 % en 2021, la Banque de France prévoit d’ailleurs une nouvelle hausse conséquente du PIB pour 2022, à 3,6 % cette fois.

Encore quelques freins
S’il ne craint pas vraiment l’inflation – « Nous avons atteint un pic fin 2021, le taux devrait revenir aux alentours de 2 % en 2022 » –, Stéphane Latouche identifie cependant deux freins à la reprise : les difficultés d’approvisionnement – dont font état 56 % des entreprises industrielles et 62 % des entreprises du bâtiment – et les problèmes de recrutement, qui concernent une entreprise sur deux. « 264 000 emplois ont été détruits en 2020 en France et 530 000 ont été créés en 2021 », explique le directeur régional, qui estime que la France se rapproche désormais de « son taux de chômage structurel ». Dans ce contexte, l’économie régionale poursuit sa relance, même si elle demeure « moins tonique que dans d’autres régions à cause de l’industrie aéronautique qui tourne toujours à environ 25 % en dessous de son niveau d’avant-crise », commente Stéphane Latouche, précisant cependant que ces observations ont été réalisées avant l’annonce des nouveaux contrats décrochés par Airbus en décembre.
Autre secteur industriel encore en difficulté : l’automobile, qui souffre de la pénurie de composantslectroniques et de l’attentisme des consommateurs face aux incertitudes liées à l’émergence des véhiculeslectriques. Le BTP se maintient quant à lui « à un niveau d’activité élevé stable mais connaît de gros problèmes d’approvisionnement ».

Laisser la crise derrière
Ce sont finalement les services marchands qui constituent « la composante de loin la plus dynamique de la région, avec notamment l’hébergement et la restauration, qui ont connu de très beaux mois d’activité en novembre et décembre », indique le directeur régional, citant également la vigueur des transports ou de l’ingénierie.
Si la crise n’est pas tout à fait derrière nous, ses conséquences commencent doucement à s’estomper. Mieux : bon nombre d’entreprises semblent être passées à travers les gouttes. « En 2020, une entreprise régionale sur deux a vu son résultat net progresser. On estime par ailleurs que 12 % des entreprises régionales sortent fragilisées de la crise, contre 14 % au niveau national. Seules 2 à 3 % de nos entreprises ayant obtenu un PGE pourraient avoir du mal à les rembourser », conclut Stéphane Latouche.

Bérengère Bosi / bosi@lalettrem.net
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