La relance dans le bâtiment vue par les professionnels de l'Hérault
La fédération du bâtiment a réuni ce 22 septembre des professionnels de l’immobilier et des élus locaux de l’Hérault afin de partager les attentes des acteurs du secteur et les ambitions des collectivités. Le secteur du bâtiment a fait face à la crise sanitaire et s’est adapté pour redémarrer l’activité dans un contexte économiquement complexe malgré les mesures d’aides du gouvernement. « Demain, il va falloir faire les comptes, payer ce qui a été reporté, rembourser les prêts… Pour cela nos entreprises vont avoir besoin d’une activité soutenue et de perspectives stables et encourageantes afin de préserver les entreprises et les emplois, continuer à recruter et à former. D’ailleurs, les CFA du bâtiment enregistrent +5 % d’apprentis. Peut-être en réponse à l’insécurité de l’emploi dans l’industrie aéronautique par exemple », indique Thierry Ducros, président de la fédération du bâtiment de l’Hérault expliquant ainsi l’objet de la table ronde : « Relance économique, construisons ensemble ? ». Si son discours appelle à donner de la visibilité aux acteurs du bâtiment dans cette période de reprise « en trompe l’œil », il s’inquiète déjà de l’arrivée en octobre prochain d’une première vague d’entreprises en difficultés en raison du recul de l’activité dans un secteur où les marges ne dépassent pas en moyenne les 2 %. Selon la fédération, les mises en chantiers de logement sur l’Hérault ont reculé d’environ 14 % au 1er semestre 2020 et les permis d’environ 22 %.
Agilité collective
« La Serm/SA3M qui va changer de président va lancer des lots sur les Zac, où l’absence de recours permet d’aller plus vite. De 6 ans on est passé à 12 ans pour sortir une Zac, c’est trop long ! L’administration publique doit être agile. Je dois revoir l’organigramme. Il faut retrouver collectivement de l’agilité, c’est un élément stratégique de la relance », rassure Michaël Delafosse, maire et président de la Métropole de Montpellier. « Il faut tous se mettre en mouvement. Ce ne seront pas les contributions des administrés qui vont enclencher le développement économique. La vraie question est de mettre en synergie les capacités de financement pour que les projets se réalisent », déclare Claude Barral, représentant le Département de l’Hérault. Une approche suivie par Christian Assaf, conseiller régional, « l’enjeu est surtout que les engagements et les investissements se retrouvent sur le terrain ». « Nous avons les outils Sem et SPL pour être réactifs. Ce qui nous importe, ce ne sont pas les milliards mais nous faciliter à faire des Zac et des ZAE en assouplissant les contraintes administratives sans déroger à la loi », explique François Commeinhes, maire et président de l’agglopôle de Sète.
Accélérer la sortie des projets
« On a besoin que les permis en stock sortent. Et pourtant, rien n’est fait pour accélérer les autorisations : les documents d’urbanismes ne sont toujours pas dématérialisés ! Que l’État donne aux élus locaux les moyens de construire sur de nouveaux sols recyclés, qu’on lance immédiatement un Pinel vert », poursuit Laurent Villaret, président de la FPI Occitanie Méditerranée. Et le maire de Béziers, Robert Ménard, d’ajouter : « À quoi cela rime de supprimer le Pinel à Béziers alors que les logements acquis en Pinel ont toujours été loués. Cette décision de l’État est un assassinat pour les entreprises locales. À Béziers on construit cinq fois moins de logements neufs depuis l’an dernier ! je vous invite à venir à Béziers, il y a du foncier disponible ». Du côté des bailleurs sociaux, l’inquiétude et les attentes sont tout aussi palpables, car « la production de logements sociaux est réalisée à 50 % par la promotion, précise Michel Capra, directeur de la production LR chez Promologis qui appelle à « un travail partenarial avec les collectivités ». À l’issue de cette rencontre et en attendant les Etats généraux du bâtiment le 15 octobre prochain, des pistes de réflexions ont été données sur les enjeux de la RSE dans la construction, les circuits courts, le développement de la transversalité pour accélérer les prises de décision, la co-construction sur un axe Nîmes-Perpignan…










