La Mêlée : « Se transformer en Scic pour lever des fonds »
La Mêlée, association dédiée à la promotion du numérique et de l’innovation en Occitanie, pourrait se transformer l’an prochain en Société coopérative d’intérêt collectif (Scic). « Si ce projet, qui est encore en discussion, venait à se concrétiser, cela nous permettrait de faire évoluer notre structuration et notre gouvernance, estime Edouard Forzy, président, interrogé par La Lettre M. Nous pourrions alors lever des fonds, par exemple, ce qui n’est actuellement pas possible avec une association, structure plus fragile. Notre objectif est d’impliquer plus fortement toutes les parties prenantes – entreprises, collectivités, collaborateurs, partenaires… - en leur permettant de devenir sociétaires. »
Historiquement structurée sous forme d’association, La Mêlée pourrait se transformer en Scic. Pour quelle raison ?
Le projet, qui n’est pas encore définitivement acté, est en effet à l’étude. S’il venait à se concrétiser, cela nous permettrait de faire évoluer notre structuration et notre gouvernance. Nous pourrions lever des fonds, par exemple, ce qui n’est actuellement pas possible avec une association, structure plus fragile, par nature limitée dans ses développements. Notre objectif est d’impliquer plus fortement toutes les parties prenantes de La Mêlée – entreprises, collectivités, collaborateurs, partenaires… - en leur permettant de devenir sociétaires. Mais l’historique et l’état d’esprit demeureraient à l'identique, de même que les partenariats, les contrats, etc. Ce projet pourrait aboutir dès l’année prochaine.
Vous parlez de levée de fonds. Quels sont vos besoins, en la matière ?
Au cours des trois dernières années, La Mêlée a connu un fort développement. Nos équipes ont plus que doublé : nous sommes désormais 41. Avec la crise sanitaire, le numérique est devenu encore plus incontournable. Présente depuis très longtemps sur ces questions, La Mêlée est un acteur de référence, un tiers de confiance. La demande, émanant des entreprises et des collectivités, est donc très forte. Notre activité se développant, nous avons besoin de renforcer notre structure.
Comment articulez-vous vos actions avec d’autres structures régionales positionnées sur des thématiques proches des vôtres, comme la French Tech, le cluster Digital 113 ou encore l’IoT Valley ?
Chacun des acteurs que vous citez pourrait, demain, être sociétaire de la structure. Par ailleurs, nos délimitations respectives demeurent. Digital 113 travaille au développement de la filière, la French Tech accompagne plutôt les start-up… De notre côté, nous sommes tournés vers les nouveaux usages et l’inclusion numérique. Nous sommes complémentaires, y compris avec les services des collectivités et les agences de développement économique qui travaillent sur ces sujets. Il n’y a pas de concurrence entre nous.
Quel regard portez-vous sur la révolution digitale en cours ?
Cette révolution se diffuse dans toutes les composantes de la société. C’est d’autant plus vrai depuis la crise sanitaire, car le numérique a alors permis au pays de continuer à fonctionner. Et c’est un phénomène qui s’accélère. Néanmoins, nous constatons qu’en parallèle, beaucoup de personnes n’ont pas pu être formées et se retrouvent aujourd’hui en fracture. Par ailleurs, alors que le secteur est en forte tension, il y a des déséquilibres entre les différentes entreprises à la recherche de talents numériques.
Les entreprises d’Occitanie sont-elles au rendez-vous de cette mutation ?
Oui, je dirais que le territoire, qui dispose d’une large offre de formations - notamment en ingénierie -, fait partie des meilleurs en la matière. Même si, comme partout ailleurs, les entreprises traditionnelles conservent beaucoup de retard.










