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Région Occitanie
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Agri - Agro
| 21/04/2021

La Compagnie des Amandes veut relancer la production de l’amandon en Occitanie

La Compagnie des Amandes (siège à Aix-en-Provence), co-fondée par l’ancien ministre Arnaud Montebourg et par François Moulias (DG) suite au constat que la France importe annuellement 42 000 tonnes d’amandes pour une production infime, vient de planter son premier verger dans l'Aude, entre les communes de Sallèles-d'Aude et Mirepeisset. Objectif : favoriser la diversification des cultures. « L'exploitation, confiée à deux agriculteurs - Laurent Ratia et David Broncano - démarre sur 9 ha avant d'être étendue sur 3 ha de plus en 2022 », indique François Moulias. « Nous visons 2 000 ha en exploitation à l’horizon 2025. C’est le volume nécessaire pour amortir notre montage de projet collectif. Notre but est de ne pas devenir trop important afin de ne pas peser sur le cours de l’amande », précise François Moulias.

800 ha identifiés en Occitanie
À ce jour, la Compagnie des Amandes affiche 150 ha de plantés et a déjà identifié 1 900 hectares potentiels sur l’arc méditerranéen et la Corse pour développer la production d’amande. «
Nous ne nous lançons que dans les projets économiquement viables, soit à minima dix hectares. En Occitanie, nous avons identifié 800 ha de projets, indique-t-il. Ils se situent à Villeveyrac (34) sur une dizaine d’hectares de foncier communal, Saint-Nazaire d’Aude (11) sur une friche de 10 ha, Saint-Gilles (30) sur 50 ha, Capendu (11) sur 15 ha, Verdun-sur Garonne (82) sur 39 ha… Nous avons des discussions avec l’agglo d’Alès qui veut développer les circuits courts en s’appuyant sur le transformateur local Senfas. Et des contacts sont en cours en Haute-Garonne, dans les Pyrénées-Orientales, le Gers et le Tarn ».

L’alliance agriculteur et investisseur
La Compagnie des Amandes propose un modèle qui a nécessité deux levées de fonds (4,7 M€ auprès de Family Office, 1 M€ d’obligations sur lita.com). « L’un des principaux freins à la relance de la filière en France est lié à l’investissement. Il faut compter 25 K€ pour planter un hectare d’amandiers et attendre au moins cinq ans pour avoir une récolte. Le coût est non négligeable pour les producteurs, explique le DG. Notre démarche consiste à nous associer à un agriculteur en créant une société (SAS) détenue à 51 % par ce dernier. Nous assurons les revenus dès l’année de plantation à travers le loyer des terres ainsi qu’une rémunération forfaitaire à l’heure de travail, avec une partie fixe (700 €/ha/an) et une partie variable directement liée au rendement du verger. Les bénéfices après récolte seront alors partagés entre l’agriculteur et nous. » L'entreprise emploie sept collaborateurs et un ingénieur qui va être intégré prochainement. « À Montpellier, nous avons une salariée en charge de la R&D au sein du centre d’écologie fonctionnelle évolutive (CNRS) sur le biocontrôle afin d'étendre notre périmètre bio », précise-t-il.

Une casserie pour 2023
Pour assurer à la pérennité de la filière, l’entreprise ambitionne aussi de créer en Provence une casserie (3 000 m2, dix salariés avec un pic à quarante en période de production) à l’horizon 2023 pour absorber la production en propre et externe mais aussi assurer sa traçabilité. L’Occitanie compte deux casseries, l’une à Rivesaltes (66) et l’autre à Garons (30). « Les débouchés sont nombreux, calissoniers, nougatiers, industrie cosmétique et autres transformateurs entendent faire la part belle à l’amande française alliant tradition, circuits courts et produits locaux pour satisfaire les consommateurs », conclut-il.

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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