La CCI 30 entame sa mutation pour devenir une entreprise
Repenser son modèle économique et devenir une entreprise à part entière pour compenser la baisse des ressources fiscales. C’est l’un des enjeux des années à venir pour la CCI du Gard qui, réunie en assemblée générale le 24 septembre, a évoqué quelques pistes pour trouver d’autres sources de financement.
« Nous envisageons de répondre à des appels d’offres pour la gestion d’équipements tels que les plateformes aéroportuaires comme celle de Nîmes (Garons, NDLR), les ports, les parkings, les zones d’activités ou encore le Parc expo*, explique Éric Giraudier, président de la CCI 30. Nous le faisions il y a quelques années, mais nous jouions ‘petits bras’. Cette fois, nous mutualiserions avec d’autres CCI disposant de compétences pertinentes pour répondre à ces appels d’offres. » Une collaboration entre CCI qui nécessiterait la création de structures idoines.
Autre source de financement : la vente de prestations de services. « La CCI 30 a une réelle compétence en matière d’études. Nous sommes capables, par exemple, de réaliser une étude sur le potentiel économique d’un centre-ville pour le compte d’une collectivité », explique Céline Guitard 3e vice-présidente services à la CCI 30.
La chambre consulaire prévoit aussi de vendre une partie de ses biens immobiliers. C’est déjà le cas de son siège rue de la République, vendu à la mairie de Nîmes pour environ 5 M€. L’acte de vente devrait être signé d’ici à la fin de l’année. La livraison de la Maison de l’entreprise, qui viendra s’y substituer sur le parc Georges Besse, est espérée pour fin 2020. La CCI veut vendre également son centre de formation Formeum situé sur le parc Georges Besse (Nîmes). « Ses activités seront rapatriées dans nos autres sites, indique Éric Giraudier. Un audit est en cours pour déterminer si certains biens immobiliers doivent être vendus et lesquels. »
* La CCI 30 gère déjà le Parc Expo de Nîmes. La convention liant la CCI à la Ville de Nîmes arrive à échéance le 31 décembre 2018. La CCI 30 a souhaité répondre au nouvel appel d'offres lancé par la mairie.
Côté formation, Éric Giraudier estime que les efforts ont déjà été faits. « Nous avons déjà arrêté les formations qui ne fonctionnaient pas en raison d'effectif insuffisant ou qui ne correspondaient pas aux besoins des entreprises. » Globalement, la CCI 30 compte toutefois ouvrir plus de formations qu'elle n'en ferme. Notamment dans la pharmacie, l'hôtellerie ou encore l'automobile.
La taxe sur les frais de chambres (TFC), payée par les entreprises, représente environ 35 % des ressources financières de la CCI 30. En 6 ans, elle a été divisée par trois, passant de 17 M€ à 6,8 M€. Une baisse qui ne sera pas sans conséquence sur l’emploi. « La restructuration (suite à la fusion entre les CCI de Nîmes et d’Alès, NDLR), arrive tout juste à terme. Elle a déjà entraîné la suppression de 40 à 45 postes (ce qui ne correspond pas au même nombre d’emplois, certains postes étant des CDD non renouvelés par exemple, NDLR). La seconde restructuration, liée à la baisse de la TFC, va, elle aussi, nécessiter des suppressions de postes. Nous pensons qu’il y en aura moins. »










