Hérault : les prix de l’immobilier s’envolent mais le marché reste porteur
Focus sur les tendances du marché de l’immobilier par la chambre des notaires de l’Hérault, présidée par Me Gilles Gayraud. Sur la période du 1er juillet 2020 au 30 juin 2021, la tendance révèle des volumes de ventes et des prix à la hausse, sauf dans le neuf.
« La pierre reste une valeur refuge malgré la crise sanitaire. Il y a une marque de confiance pour l’immobilier tant sur le plan familial que patrimonial, assure Me Gilles Gayraud, notaire à Pignan et président de la chambre des notaires de l’Hérault devant un parterre d’acteurs du secteur. Nous avons un marché porteur tant au niveau des volumes que des prix. » En effet, le volume des ventes dans le département sur un an a augmenté de 4,4 %, avec une progression plus forte pour les appartements anciens (+6 %) et les terrains à bâtir (+6,7 %) que pour les maisons anciennes (+4,5 %). Les ventes d'appartements neufs sont en recul de 2,8 %, faute d’offre suffisante. Les trois-quart des ventes concernent les logements d’une à trois pièces, peu les grands appartements au profit des maisons. Selon lui, le marché de l’immobilier est en mutation : « la crise sanitaire a changé notre société et notre modèle économique. Le télétravail a engendré des changements qui touchent le marché de la résidence principale et celui des résidences secondaires avec un impact sur les zones périurbaines comme les zones rurales ».
Des prix dans l’ancien en hausse de plus de 6 %
L’évolution positive des volumes de ventes s’accompagne d’une hausse des prix sur tous les segments : appartements (ancien : +6,2 % ; neuf : +2,3 %), maisons (+6,8 %) et terrains à bâtir (+2,9 %) avec toutefois des disparités locales. À l'échelle du département, les prix médians des appartements anciens vont de 2 960 €/m2 (+ 6,8%) à Montpellier et jusqu’à 3 940 €/m2 dans le centre ancien et 4 710 €/m2 à Palavas (commune littorale la plus chère désormais), alors qu’ils atteignent 1 180 €/m2 à Béziers, « une ville qui reste malgré tout très attractive pour les investisseurs », indique Me Gayraud en comparaison de Nîmes où les prix atteignent 1 850 €/m2. Dans l'Hérault, les prix médians ont augmenté de + 6,8% en un an sur les maisons anciennes (237 000 €), ce niveau de prix de vente a gagné 10% en dix ans et jusqu’à 16 % à Montpellier et 17% en pays sétois. Entre 2020 et 2021, les hausses les plus importantes sont enregistrées dans le périmètre des deux plus grandes villes du département, Montpellier (330 k€, + 6,5%) et Béziers (174,7 k€, + 7,2%). Selon les notaires, les avant-ventes signées en septembre prouveraient que le prix des maisons anciennes devrait continuer de grimper. Du côté des terrains à bâtir, si la hausse est faible (+2,9 %, à 113,2K € prix de vente médian), « ce niveau de prix n'avait jamais été atteint sur la dernière décennie ».
Lutter contre la cherté
Présente, Maryse Faye, adjointe au maire déléguée à l’urbanisme durable et à la maîtrise foncière, s’inquiète de la hausse des prix. Selon Thomas Bree, président de la FNAIM 34, cette hausse s'explique par un phénomène de « rareté des biens qui induit une hausse des prix, le manque de l’attribution de permis de construire sans compter l’effet pervers de l’encadrement des loyers pour le marché du locatif qui risque d’être amputé d’offres avec des investisseurs qui pourraient mettre leurs biens à la vente ». « Nous avons mis de nombreuses politiques en route avec des effets rapides espérés car les prix augmentent plus vite que le pouvoir d’achat des Montpelliérains, pointe l’élue aux professionnels présents. Nous voulons lutter contre la cherté par la maîtrise foncière. Nos objectifs sont de trouver un équilibre entre étalement urbain et densité. Cela demande un travail important avec les promoteurs. Il n’y a pas de place pour le fatalisme. Les projets urbains se feront dans les Zac, les territoires de projet tandis que les lotissements sont à valoriser et protéger .»
Sources : Notaires de France - BBD Perval










