Guy Gourevitch de France Angels : "8 % de nos sorties de capital se sont révélées positives"
Investir dans une entreprise est une chose, en sortir en est une autre… « très difficile », selon Gilles Roche, président du réseau de business angels Melies, qui a invité Guy Gourevitch, président de France Angels, à intervenir lors d’une conférence sur la sortie d'investissement, le 16 mai à Montpellier. « France Angels a investi depuis 2001 dans 4 000 entreprises. Nos sorties se sont révélées positives pour 8 % d’entre elles, résume Guy Gourevitch. Soit nous y avons récupéré notre mise, soit nous avons réalisé une plus-value. » 21 % de ces entreprises ont déposé le bilan, et concernant les 71 % restants, les business angels n’en sont pas encore sortis. « S’ils sont entrés en 2018, qu’ils y soient encore est chose normale, s’ils y sont depuis 5 ans, cela l’est moins… », poursuit Guy Gourevitch, rappelant qu'une sortie se fait entre 5 et 10 ans après être entré. Selon le président de France Angels, il y a autant de bonnes que de mauvaises raisons pour ne pas sortir du capital d’une entreprise : l’entreprise n’est pas suffisamment performante mais il y a du potentiel, l’entreprise progresse très bien mais trop lentement, l’entreprise n’est plus sur une marché qui progresse, le dirigeant ne veut pas que le business angel sorte … « La présence d’une vingtaine d’investisseurs au total peut aussi freiner un gros investisseur à entrer au capital d'une entreprise… », ajoute Guy Gourevitch, et donc empêcher les business angels à en sortir.
Pour Gilles Roche, président de Melies, qu’il soit petit ou gros, l’investisseur a toujours devant lui des choix difficiles à faire : « Quand l’entreprise va bien, faut-il rester dans la perspective qu’elle aille encore mieux ? Et quand l’entreprise va mal, faut-il en sortir pour sauver les meubles ou au contraire réinvestir pour ne pas tout perdre ? » Il arrive même qu’une entreprise qui surperforme s’avère perdante pour le business angel à sa sortie, prévient le président de France Angels. Ce sera le cas par exemple lorsque l’entrée d’un gros investisseur dilue le capital des petits : « Le taux de dilution est tel qu’il est plus fort que le taux de croissance de l’entreprise… C’est un risque que les business angels prennent », estime Guy Gourevitch. Le président de France Angels poursuit en rappelant que « l’introduction en bourse reste la sortie rêvée, mais que l’entreprise peut aussi être vendue à un grand acteur du marché. Plus rarement l’entreprise rachète ses propres actions, mais cela nécessite de disposer d’une trésorerie suffisante ».










