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Energies
| 6/07/2022

Genvia souhaite implanter sa Giga Factory dans le Biterrois

Seize mois après la création de Genvia, sa présidente Florence Lambert effectue auprès de La Lettre M un point d’étape sur l'activité du fabricant biterrois d’électrolyseurs à haute température pour produire de l’hydrogène décarboné. Du lancement de la première ligne de production aux recherches foncières, celle qui fait partie du comité de pilotage du plan France 2030 évoque aussi les synergies prochainement développées avec ses partenaires et les forces vives de Béziers.

La Lettre M - Quel premier bilan tirez-vous de Genvia ?

Florence Lambert - Nous avons pu ouvrir notre atelier pilote au mois de novembre et la première ligne de production va être lancée à la fin de l’été.  Elle se construit, les équipements arrivent. L’effectif de Genvia s’élève à ce jour à 75 collaborateurs, avec une prévision de 100 salariés d’ici la fin de l’année. Des recrutements s’opéreront : du développement de notre technologie aux applications qui vont être intégrées dans des cimenteries et aciéries chez notre actionnaires Vicat, mais aussi ArcelorMittal, EDF et Swiss Steel qui dispose d’une usine en Savoie. Nous accélérons les discussions avec ces partenaires pour lancer des démonstrateurs, qui seront déployés à partir de 2024. Le premier système va être testé dans les locaux biterrois l’année prochaine, puis chez nos partenaires.

Les cadences de production annoncées au lancement seront respectées ?

FL - Oui, ce seront plusieurs centaines d’électrolyseurs par an. Pour l’heure, la production par l’atelier pilote s'élève à une cinquantaine par an. Cette mise à l’échelle permet plusieurs choses. D’abord de monter en maturité technologique et à terme de se situer sur des coûts de production inférieure à 2 € le Kw, à horizon de 2030, lorsque l’on sera à l’ère de la GigaFactory. Nous prendrons une décision sur son lancement en 2024. 

Avez-vous opéré un choix sur la localisation de la Giga Factory ?

FL - Ce serait sur plusieurs dizaines d’hectares pour commencer. Avec des capacités d’extension. Notre souhait est de rester dans le Biterrois. Nous commençons à regarder les possibilités autour de Béziers, avec un œil d’industriel. Observer ce qui est le plus pratique et le plus facile en déploiement au point de vue réglementaire. Et ce, en concertation avec les parties prenantes. Il faut rester dans ce qui avait été amorcé par Schlumberger et demeurer dans une logique d’écosystème. Je peux citer par exemple le réseau d'industriels ITS Fusion, ou la pépinière de start-up Innovosud. Il ne faut pas raisonner en vase clos, mais rentrer en discussion avec les acteurs présents pour établir un schéma cohérent à l’échelle du territoire. De manière à réaliser des boucles plus courtes et rapides. On parle tout de même de 500 emplois directs et 1 000 indirects d’ici 2030. Même si nous sommes inscrits dans une compétition mondiale et que tout ne transitera pas par cet écosystème.

Où en êtes-vous du versement de 200 M€ au titre de l’IPCEI (Important Projects of Common European Interest, NDLR) ?

FL - On rentre en phase de contractualisation finale avec l’Europe. Le calendrier est respecté. La Commission européenne s’attelle à notifier l’ensemble des projets et je n’ai pas d’inquiétudes à ce que Genvia se trouve dans la première vague des projets. On commence aussi à parler de nous dans l’écosystème européen, en raison de notre technologie différenciante et de notre vitesse de déploiement par rapport à nos compétiteurs. C’est un long cheminement. Nous discutons aussi avec la Région en tant qu’actionnaire mais aussi territoire d’accueil.

Comment opérez-vous le transfert de compétences des anciens de la Cameron ?

FL - Nous passons par la formation continue et de la reconversion et sommes partie prenante sur le plan hydrogène vert de la Région. Les acteurs de la formation du Biterrois ont également formulé une proposition à l’Agglomération portant sur l’usine et la métallurgie 4.0. Nous allons bientôt avoir un retour. Autre hypothèse sur la table, créer notre propre centre de formation avec les acteurs locaux de la formation et la CCI pour proposer des parcours de reconversion sur un ensemble de métiers. Il faudra aussi veiller à assurer une trajectoire aux jeunes locaux, via les lycées professionnels. Il ne s’agit pas seulement de s’implanter et d’avoir une emprise foncière, mais aussi de pousser une réflexion sur le principe d’un campus ouvert et s’inscrire à l’échelle du territoire. C’est ainsi que Genvia durera.

Mickaël Deneux / deneux@lalettrem.net
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