Fabrication additive : « Beaucoup de chemin a été parcouru »
La 2e édition de l'Aerospace Additive Manufacturing Summit, organisée par Advanced Business Events et le pôle de compétitivité Aerospace Valley, a eu lieu les 3 et 4 décembre à Labège (31). 400 visiteurs et 220 entreprises étaient présents, tandis qu'avaient lieu 1 800 rendez-vous B to B. L'occasion pour Max Rigal, cheville ouvrière de l'événement chez Aerospace Valley, de revenir pour La Lettre M sur les grands enjeux de la fabrication additive dans le secteur aéronautique et spatial. Interview.
La fabrication additive, qui consiste à produire des pièces par ajout de matière, peut-elle être selon vous considérée aujourd'hui comme une technologie mature pour l'aéronautique et le spatial ?
Ce que l'on peut dire, c'est que les applications de cette technologie dans l'aéronautique et le spatial sont réelles : aérostructures, équipements, moteurs... Les technologies sont robustes. Et beaucoup de chemin a été parcouru au cours des dernières années du côté des donneurs d'ordre. Une supply chain a été qualifiée, des cas d'usage ont été identifiés et la mise en production d'un certain nombre de pièces a débuté. Il demeure évidemment des questions liées à l'industrialisation de ces technologies. En matière de répétabilité des actions et d'homogénéïté des pièces produites, il reste une marge de progression.
Les cas d'usage intéressants identifiés à ce jour par le secteur restent assez peu nombreux. Pour quelle raison ?
Ce phénomène est principalement lié à des questions de coûts. La technologie est encore relativement chère. Or, dans un secteur comme l'aéronautique, le facteur coût est absolument déterminant. Avec les problématiques liées à la certification des pièces, c'est principalement ce qui explique que la fabrication additive n'ait pas encore été adoptée de façon massive.
C'est d'autant plus vrai en l'absence de nouveau programme d'avion, comme c'est actuellement le cas chez Airbus...
En effet. La difficulté que rencontre cette technologie innovante, c'est qu'elle est mise en compétition avec d'autres technologies déjà éprouvées sur des programmes existants. Intégrer la fabrication additive dans ce contexte engendre naturellement des coûts de ré-ingénierie, et par conséquent des pertes de compétitivité. Le lancement d'un nouveau programme permettrait de tirer le marché.
Comment doivent, dans ce contexte, se positionner les entreprises spécialisées dans la fabrication additive ?
Le message du donneur d'ordre est le suivant : soyez prêts pour le moment où un nouveau programme d'avion sera lancé. Mais il n'y a pas d'échéance précise. Par conséquent, beaucoup d'experts de la fabrication additive font le choix, en attendant, de se tourner vers d'autres secteurs, comme l'automobile, l'énergie ou même l'agroalimentaire.










