Éclairage public : le syndicat de l'énergie haut-garonnais serre la vis pour éviter la faillite
Après avoir dépensé sans vraiment compter, le Sdegh – syndicat départemental d’énergie de la Haute-Garonne – voit ses finances dans le rouge*. L’organisme, qui finance les travaux consacrés à l’éclairage public des 585 communes qui le composent, serre la vis. Il a fait voter le 28 janvier un nouveau programme d’engagement, et de fait, de nouveaux principes budgétaires, pour la période 2022-2026. Principale mesure : les travaux de rénovation de l’éclairage public ne seront plus financés à 80 % mais à 50 % par le Sdegh, le reste incombant désormais aux municipalités. « Les travaux déjà votés resteront financés à 80 %. Cela représente environ 26 M€ de travaux, précise Thierry Suaud, président du Sdegh et maire de Portet-sur-Garonne. Le nouveau taux s’appliquera aux travaux futurs ». Autre nouveauté, la mise en place d’une contribution de 8 € par point lumineux due par les communes pour assurer la maintenance des réverbères.
Un syndicat endetté
Sur les quatre dernières années, le Sdegh a consommé l’intégralité des 14 M€ d’excédent dont il disposait. Pire : il a même dû recourir à l’emprunt pour financer les travaux des communes. « À ce rythme-là, nous aurions ruiné le syndicat, puisqu’il aurait fallu, pour répondre aux besoins des municipalités, emprunter 135 M€ d’ici à 2032 », explique le président. « Si au contraire, nous ne voulions plus recourir à l’emprunt, nos dépenses se seraient limitées à 7 voire 8 M€ par an. Or, rien qu’en 2021, nous avons dépensé 26 M€ », poursuit Philippe Fuseau, vice-président du Sdegh et adjoint à la mairie de Saint-Jean, expliquant que le nombre d'opérations de rénovation serait devenu de fait très limité.
Interrogé sur la gestion des finances du syndicat par l’ancienne équipe, Thierry Suaud refuse d'être trop critique. « La disparition des réverbères boules au profit de l’éclairage à Led est une bonne chose. Cependant, on a eu l’air de considérer que le Sdegh était un puit sans fond. Il aurait peut-être fallu prévoir une période limitée pendant laquelle le syndicat assurait 80 % du financement des travaux ».
*Le Sdegh dispose d’un budget de 50 M€ annuels, financés par les citoyens, Énedis, le Facé (fonds pour l’électrification rurale) et, surtout, par la taxe finale sur la consommation d’électricité (20 M€), perçue par les communes adhérentes et reversée au Sdegh pour mutualiser les moyens des communes du département.










