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Hérault
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Transports - Logistique
| 20/03/2017

Destination 2020 : l’aéroport de Montpellier espère un feu vert des collectivités en juin et détaille ses projets

Emmanuel Brehmer, président du directoire d'Aéroport Montpellier Méditerranée

Le plan Destination 2020, détaillé lundi 20/3 par Emmanuel Brehmer, président du directoire de l’aéroport Montpellier Méditerranée (AMM), et visant à passer de 1,7 M à 2,5 M de passagers pour permettre à l’aéroport de Montpellier d’exister entre ceux de Toulouse et Marseille, prévoit 38 M€ de travaux (à la charge d'AMM) et 20 M€ de marketing territorial (à la charge des collectivités, ce volet restant à valider par ces dernières). Un appel à contribution est lancé depuis déjà un an à destination des collectivités – Région, Montpellier Méditerranée Métropole et communauté d’agglomération du Pays de l’Or notamment pour cet effort supplémentaire - les collectivités seraient sollicitées à hauteur de 4 M€ par an sur 5 ans, au lieu de 1,5 M€ à ce jour. 
Parmi les travaux lancés, l’installation de 4 nouvelles banques d’enregistrement dans le hall. Budget : 700 k€. Livraison en mai. 700 k€ seront par ailleurs injectés dans l’agrandissement des salles d’embarquement, avec un démarrage des travaux en octobre.
La création d’un nouvel aérogare de 6.000 m2 de surface est budgétée à 16,3 M€ d’investissement, avec 18 mois de travaux sous exploitation. Cet équipement doit permettre d’accueillir 2,5 millions de passagers à l’horizon 2020. Le projet induit la création de 100 mètres de linéaire de façade en prolongement du bâtiment existant, avec une mutualisation des services sécurité/inspection filtrage et une meilleure circulation des passagers. Six nouvelles banques d’enregistrement seraient créées pour les compagnies low-cost, et 2.000 m2 développés au niveau supérieur, dont 1.000 m2 dédiés aux surfaces commerciales (800 m2 de duty free), ainsi que des espaces de travail connectés, un bar avec vue panoramique sur la piste et une coursive donnant sur des salles de préembarquement faisant face aux postes avions. Emmanuel Brehmer a montré sur écran le cheminement virtuel dans ce projet d’équipement, devant la quarantaine de journalistes présents. Les collectivités « conditionnent leur participation à une recomposition du capital de la société aéroportuaire (à ce jour détenue à 60 % par l’État et à 25 % par la CCI de l’Hérault, NDLR), qui est en cours de discussion, précise-t-il. On se fixe jusqu’à juin pour confirmer le plan Destination 2020. Si les négociations échouent, on retravaillera à un plan moins ambitieux, avec le risque d’une croissance moindre, qui aura pour conséquence de rendre complexe le soutien à l’investissement. On se mettrait dans une situation difficile au niveau des ratios financiers. Mais nous restons confiants. » En contrepartie de l’effort de marketing territorial à fournir pour attirer les compagnies, les collectivités souhaitent augmenter leur participation au capital pour percevoir davantage de dividendes – la société AMM étant bénéficiaire.

Pierre Vieu, président du conseil de surveillance de la société AMM (Aéroport Montpellier Méditerranée), a alerté sur le contexte global : « Il y a d’autres plateformes vers lesquelles les compagnies aériennes se tournent, telles que Toulouse et Marseille, par leur taille. Quant à Béziers ou Nîmes, elles sont certes plus petites que Montpellier, mais ont des moyens publics que nous n’avons pas (sic). À cela ajoutons la volatilité des compagnies aériennes. Nous avons une certaine vulnérabilité. La concrétisation de ce plan Destination 2020 nous permettrait d’être mieux assis et d’attirer davantage les compagnies aériennes. »

Emmanuel Brehmer a par ailleurs à nouveau interpellé les collectivités sur la nécessaire élaboration d’une stratégie d’attractivité touristique claire. « Le patron de Ryanair, à Dublin, ne sait pas où est Montpellier sur la carte. Il voit où est situé Marseille : c’est l’OM et la bouillabaisse. Il voit aussi où est situé Toulouse : c’est Airbus et le cassoulet. Il voit Lyon : c’est les frères Lumière et l’industrie. Pour la destination Montpellier, il faut trouver un nom qui porte à l’international, avec le port de Sète, La Grande-Motte, le Pont du Gard, en créant un circuit. De Nîmes à Sète, l’ensemble des professionnels du tourisme sont d’accord sur ce point. Mais ce n’est pas de la compétence de l’aéroport ! » Pierre Vieu a renchéri : « La politique touristique doit suivre derrière. On peut être l’aéroport le moins cher et le plus accessible, s’il n’y a pas de politique touristique, avec une vente marketing de la région, ça ne fonctionnera pas. »

Autre message à peine voilé : la création d’une offre de tourisme complémentaire pour pouvoir accueillir massivement un tourisme complémentaire entre juin et septembre. « À cette période, tout est plein. Il faut proposer d’autres choses, pour pouvoir compléter l’offre touristique. »

En matière de développement immobilier (projet Tarmac Avenue, 20.000 m2), une annonce de projet tertiaire tombera en avril ou mai. Le projet hôtelier (un hôtel 3 étoiles de 96 chambres environ et un hôtel 2 étoiles de 60 chambres environ) et de loisirs, porté par Fondeville-Arrelia (5.500 m2, deux immeubles de six niveaux), fera l’objet d’un dépôt de permis de construire en mai, pour une première pierre en fin d’année et une livraison à l’été 2019.

La conférence de presse s’est déroulée en présence de Bertin Nahum, fondateur de Medtech, membre du conseil de surveillance de la société aéroportuaire et président de la nouvelle association A+B (Airport + Business), dont le but est de booster le dialogue entre l’aéroport et son environnement entrepreneurial. « L’aéroport est un outil de développement économique du territoire et de développement des entreprises. A + B a deux objectifs principaux. Tout d’abord, faire remonter les demandes, les aspirations des chefs d’entreprise, qui sont des utilisateurs réguliers : navettes, centres business, ouvertures de lignes… il y a encore des choses à faire. Par ailleurs, il faut que l’aéroport communique davantage. Le monde économique ignore certaines choses de l’aéroport. Par exemple, peu de chefs d’entreprises savent que l’aéroport gagne de l’argent – le résultat net sera positif en 2016, NDLR. »

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
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