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Région Occitanie
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Transports - Logistique
| 28/08/2018

Des entreprises de transport routier se fédèrent pour recruter

Labellisé le 12 juillet par la fédération française des groupements d'employeurs pour l'insertion et la qualification (Geiq), le Geiq Transports Occitanie - basé à L'Union (31) - regroupe une trentaine d'entreprises toulousaines et audoises du secteur routier, bien décidées à recruter différemment et efficacement. Entretien avec son président, Éric Sengers, par ailleurs directeur de l'entreprise Blanc Transport Véhicules (transport-logistique de véhicules, 28 M€ de CA en 2017, 300 salariés, siège à Castelnau d’Estretefonds – 31).

Quelles difficultés à recruter les entreprises du transport routier connaissent-elles ?
"Comment arriver à recruter des carrossiers, des mécaniciens et des conducteurs ?" Cette question, tous les transporteurs implantés dans la zone logistique d’Eurocentre, au nord de Toulouse, se la posent. Forts de ce constat commun, nous avons d’abord pris contact avec Pôle emploi, à travers notre club d’entreprises (l’association Reeso, qui regroupe les sociétés basées à Eurocentre, NDLR), pour organiser un speed dating, début 2017. Sur la centaine de personnes contactées par Pôle emploi, 26 sont venues écouter les présentations faites par les cinq entreprises qui proposaient 30 postes de conducteurs en CDI. Cela a donné lieu à 7 ou 8 entretiens avec des candidats mais zéro recrutement. Lors du debrief avec Pôle emploi, plusieurs explications ont été avancées : peut-être que nos entreprises n’avaient pas plu aux candidats, peut-être que les salaires ou les horaires proposés ne leur convenaient pas, etc. C’est possible, évidemment, mais, dans ce cas, Pôle emploi doit être plus précis dans son sourcing de candidats pour ne pas faire perdre du temps à tout le monde. Même chose du côté des Missions locales : aucun recrutement à la clé des forums de l’emploi auxquels nous avons participé en 2017 et 2018. En tant que président de l’OPTL (Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique) Occitanie, je suis également de très près les évolutions des établissements et de l’emploi dans notre branche du transport routier : d’ici trois ans, on comptera trois conducteurs qui partent à la retraite pour un jeune qui entre sur le marché. Conclusion : il faut impérativement mener des actions pour accroître la notoriété de nos métiers.

Des actions sont-elles déjà menées ?
Bien sûr. Nous recevons par exemple régulièrement des écoles dans nos entreprises, des efforts de mixité et de diversité ont été faits : tout ceci est très positif. Mais en termes de recrutement, les choses sont plus compliquées. On dénombre 3 000 transporteurs routiers en Occitanie. Notre maillage territorial est un atout mais la plupart des établissements comptent moins de 25 salariés donc chacun recrute dans son coin, comme il peut. Pour essayer d’être plus efficaces, on s’est dit qu’il fallait se grouper autour d’une seule entité. C’est comme cela qu’est né le groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification (Geiq) Transports Occitanie*, avant l’été. Avec pour engagement, de la part de la trentaine d’entreprises adhérentes, de recruter 60 personnes par an pendant cinq ans par l'intermédiaire du Geiq, dans les secteurs du transport de voyageurs, de marchandises, du transport sanitaire et du déménagement.

Comment ce Geiq va-t-il fonctionner ?
L’objectif est d’identifier, avec notre réseau de prescripteurs (Pôle emploi, Missions locales, Toulouse Métropole Emploi, etc., NDLR), des personnes éloignées de l’emploi qui cherchent du travail - mais qui ne pensent pas forcément au transport routier – pour ensuite les former et les embaucher. Une période de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP) d'une semaine va permettre à la personne de découvrir l’entreprise et le secteur d’activité qu’elle s’apprête à intégrer. Si cette période d’immersion est concluante, elle signe un contrat d'alternance avec le Geiq, qui va la suivre régulièrement pendant son parcours de formation (entre 3 et 5 mois, en fonction des titres professionnels visés, NDLR), en partenariat avec l'entreprise tutrice qui va ensuite l'accueillir (pendant environ 8 mois, dans le cadre d'une mise à disposition par le Geiq, NDLR), l'objectif étant de lui faire signer un CDI à l'issue de cette période (d'un an environ, NDLR).

Quels sont les prochaines étapes ?
Dans un premier temps, nous tablons sur 30 entrées en formation en octobre et 30 de plus en mars 2019, avec un taux d’échec que nous espérons le plus bas possible. Dans les Pays de la Loire, où 200 à 300 contrats sont signés chaque année par le Geiq Transport, ce taux n’est que de 10 %. C’est très encourageant pour nous !

* Directeur : Philippe Chastrusse. Contact : accueil@geiqtrans-occitanie.com

Propos recueillis par Aline Gandy / gandy@lalettrem.net
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