[Covid-19] Transport Clareton : après une forte hausse, les commandes de fruits et légumes plongent
Depuis les premières annonces gouvernementales liées à l’épidémie de Covid-19, l’entreprise Transport Clareton*, spécialisée dans le transport frigorifique de fruits et légumes pour les grandes et moyennes surfaces, a vu son carnet de commandes jouer aux montagnes russes. « Au début de la crise, et jusqu’au 18 mars, nous avons constaté un boom des commandes digne d’une veille de Noël, explique Alexandre Clareton, dirigeant. J’ai même dû embaucher des chauffeurs intérimaires. » Un surcroît d’activité de l’ordre de 20 % par rapport à la tendance normale à cette époque de l’année. Mais après le 18 mars, l’activité chute : « Nos clients (les grandes et moyennes surfaces, NDLR) ont commencé à annuler leurs commandes. C’est inédit pour nous. Des réductions de volume, nous en avons déjà eues, mais pas des annulations. » Depuis le 19 mars, Alexandre Clareton évalue à 25 % « au moins » la baisse des volumes transportés et « cela devrait continuer ». Confinés, les consommateurs ont en effet tendance à privilégier les produits secs, à longue conservation, au détriment des produits frais.
Déséquilibre des flux
Autre point d’inquiétude pour le dirigeant : le déséquilibre des flux. Concrètement, un chauffeur ne roule jamais à vide : s’il livre des fruits et légumes à un magasin, il repart avec les retours de marchandises. Or, les annulations en série de la part des enseignes alimentaires comme des fournisseurs (grossistes…) vont menacer, et finir par rendre impossible, cette concordance des flux. « Plusieurs messageries de distribution ont fermé à Paris par exemple, indique Alexandre Clarenton. Nous allons avoir des trajets à vide qu’il faudra soit répercuter sur le client qui paiera l’aller et le retour (normalement le client ne paie que pour les kilomètres effectués avec sa commande, NDLR), soit annuler. » Inquiet pour les jours et semaines à venir, le dirigeant envisage de recourir à l’activité partielle si cela est nécessaire. Un coup dur pour ses équipes : « Les indemnités de chômage partiel ne tiennent pas compte, et c’est tout à fait normal, des heures supplémentaires, des heures de nuit et des paniers repas. Cela représente quasiment la moitié du salaire des chauffeurs. »
* 60 salariés, CA : 10 M€, une implantation à Orléans, siège à Thézan-lès-Béziers.
Évoqués par La Lettre M en janvier, les travaux de construction d'un entrepôt dédié au stockage de produits frais à forte valeur ajoutée en température dirigée sont actuellement suspendus en raison de l'épidémie.
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