[Covid-19] L'activité croisière des ports de la région au point mort
- Aucune reprise de l'activité croisière attendue avant fin juin
- Une activité croisière conditionnée à l'ouverture des frontières
- Un manque à gagner de 10 M€ pour la région
Dans le port de Sète, l’accueil passager est stoppé depuis mi-mars. La ligne de ferry avec le Maroc est suspendue et les croisiéristes ne peuvent plus débarquer, à Sète ni dans aucun port du monde d’ailleurs, soit 387 paquebots à l’arrêt dont près de 70 en Méditerranée. « Nous avons toujours des réservations mais les compagnies les annulent au fur et à mesure. Les compagnies n’ont pas du tout de visibilité sur la suite des événements, explique Guillaume Hamel, responsable de la communication du port de Sète, en charge du pôle passagers. La situation évolue toutes les 48 h environ. À date, la reprise est attendue pour fin juin-début juillet, tout en sachant que cela ne dépend pas que des ports mais des décisions prises au niveau préfectoral, comme l’ouverture des frontières par exemple, Italie et Espagne en tête. Au mieux nous aurons quelques escales ! »
Même son de cloche dans les Pyrénées-Orientales, où le port de Port-Vendres « a perdu trois escales de bateaux de croisière sur la période mai-juin, représentant un potentiel de 300 croisiéristes », indique de son côté Marc Bernadi, chargé de mission Croisières Yachting au sein de la CCI des Pyrénées-Orientales. Pour l’heure, les gestionnaires du port n’ont aucun retour des compagnies pour les croisières prévues pour la période d’arrière-saison en septembre-octobre. « Le prochain bateau de croisière devrait arriver au port de Port-Vendres en juin prochain. La compagnie maritime, Azamara Club Cruises (siège aux États-Unis, NDLR), filiale de Royal Caribbean, maintient un bateau qui accueille environ 80 passagers », rapporte Marc Bernadi. Et de rappeler aussi que la reprise de l’activité croisière régionale est liée à celle du secteur aéroportuaire et aux croisières en Méditerranée : « Le port de Port-Vendres n’est pas un port de tête de ligne mais constitue un point d’escale vers Barcelone, Nice, Toulon ou encore l’Italie. »
Limiter la casse
Le responsable de l’activité passagers du port sétois espère pour cet été « quelques croisières nationales avec des « petites » compagnies » comme celle du Ponant dont les bateaux de luxe transportent entre 200 et 800 passagers ». Guillaume Hamel espère aussi le retour de quelques croisières internationales en septembre. « On ne rattrapera jamais la saison qui est morte pour les croisières… », tempère-t-il aussitôt. En 2019, le port de Sète a accueilli près de 110 000 passagers et les retombées économiques des croisières sur la région sont estimées à 10 M€ annuels. Autant de manque à gagner pour 2020. L’activité passager représente 10 % du CA du port (21,7 M€ en 2019) dont 60 % en provenance des ferries de la ligne avec le Maroc. « La polyvalence du port nous permet de limiter la casse », retient Guillaume Hamel. À Port-Vendres, différentes réunions se tiennent actuellement pour voir comment communiquer sur la destination Port-Vendres Collioure, confie le chargé de mission Marc Bernadi. Après la marque Yachting Port-Vendres lancée en mars dernier, la CCI des Pyrénées-Orientales envisage de lancer prochainement une marque commerciale dédiée à l’activité croisière dès que la reprise de la navigation sera effective.










