[Covid-19] Julien Roset : "arrêter de communiquer en temps de crise n’est jamais une bonne stratégie"
« On va nous reprocher un manque d’objectivité mais arrêter de communiquer en temps de crise n’est jamais une bonne stratégie, affirme le Montpelliérain Julien Roset, président de l’Union des conseils en communication Grand Sud (65 agences, Occitanie et Paca). Si l’on se réfère aux crises précédentes, les marques qui cessent de communiquer accumulent du retard par rapport à leurs concurrents. Cela se ressentira au moment de la reprise. « Je ne peux plus rien te vendre donc je n’ai plus rien à te dire » : ce message sera très mal perçu par les consommateurs qui sont de plus en plus à la recherche de sens. Inutile d'ajouter une image dégradée à une situation économique dégradée. » Et d’insister sur le rôle que les agences de communication peuvent jouer auprès de leurs clients: « C’est le boulot des agences de trouver le bon message à faire passer en ces temps de crise, tout en étant conscientes des budgets qui se resserrent. Il y a des canaux de communication, comme le digital, mais surtout des sujets à exploiter. » Et de citer en guise d'exemple Burger King délivrant sa recette du « Whooper de la quarantaine » fait à la maison : « ils maintiennent le lien avec leurs clients et préparent la suite. »
Baisse radicale de l'activité
Force est pourtant de constater qu'en termes de budget de communication « les marques réduisent leurs investissements de manière préventive, les projets sont annulés ou reportés, certaines discussions stratégiques passent au conditionnel », résume l’UCC dans une enquête réalisée auprès du 24 au 27 mars auprès de 49 entreprises. 40 % d’entre elles indiquent une baisse d’activité de près de 40 % depuis le démarrage du confinement le 17 mars, -65 % attendu en avril. En termes de chiffre d’affaires, cela représente un manque à gagner de 6,7 M€ d’ici à fin avril sur un CA annuel de 100 M€. 75 % des agences ont recours au chômage partiel. Même en tenant compte des aides de l’État, 35 % des agences estiment que leur trésorerie sera dans le rouge dans deux mois et dans trois mois pour 60 % d’entre elles. Tous les professionnels du secteur de la communication (imprimeurs, photographes, graphistes…) souffre avec un recul de l'activité de 70 %. Une nouvelle enquête auprès des entreprises adhérentes de l'UCC Grand Sud sera réalisée mi-avril.
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Julien Roset, président de l'UCC Grand Sud










