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Haute-Garonne
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Commerce - Artisanat
| 15/05/2020

[Covid-19] Antoine Roux (PrintOclock) : « Une aventure entrepreneuriale dingue ! »

En se réorientant vers le négoce et la production de masques de protection, l'imprimeur en ligne toulousain PrintOclock (70 salariés, 12,5 M€ de CA en 2019) est passé de - 90 % d'activité à une très forte croissance en trois semaines. Retour sur cette aventure entrepreneuriale « dingue »​ avec son fondateur, Antoine Roux.

Comment votre entreprise a-t-elle vécu les débuts de la crise sanitaire ?

Jusqu'à la mi-avril, nous enregistrions une chute de 90 % de l'activité sur notre marché historique de l'impression en ligne pour les professionnels. Nous avons mis à profit les premières semaines du confinement pour mener des projets technologiques structurants, sans vraiment douter de notre capacité à traverser la crise. Petit à petit, en prenant conscience que nos clients TPE-PME allaient être touchés durement, et dans la durée, la crainte d'être impactés par ricochet s'est installée.

À quel moment l'idée de se lancer dans la production de masques s'est-elle imposée ?

Comme beaucoup, j'ai été atterré par le fiasco français de l'approvisionnement en masques... J'ai donc réfléchi à un moyen d'y remédier, à notre échelle : dans un premier temps, le plus simple, c'était d'en vendre. Donc nous avons d'abord contacté plusieurs de nos fournisseurs de matières premières à imprimer qui s'étaient positionnés sur cette activité et c'est ainsi que nous avons commencé à vendre des masques chirurgicaux (en provenance de Chine, NDLR) et alternatifs (de Pologne, NDLR). En parallèle, nous avons intégré le collectif national Savoir Faire Ensemble pour tenter d'en fabriquer à Toulouse avec notre machine de découpe numérique. Une fois que le sourcing de matières premières a été fait, nous avons démarré (le 23 avril, NDLR) la production de masques alternatifs en coton, lavables et réutilisables.

Comment le marché a-t-il répondu à cette nouvelle offre ?

Un peu contre toute attente, ça a pris très fort et très vite. Donc, en parallèle, à l'approche de la réouverture des écoles, nous avons lancé une nouvelle gamme de masques destinés aux enfants. En quinze jours (de mi-avril à fin avril, NDLR), nous avons retrouvé le chemin de la croissance... et quelle croissance ! Un chiffre d'affaires en hausse de 66 % sur le mois d'avril par rapport au même mois l'an dernier et jusqu'à 2 000 commandes par jour, arrivant de toute la France. De la part de professionnels comme de particuliers car nous avons ouvert temporairement notre site B to B à la vente au grand public, pour répondre aux besoins d'urgence. Nous sommes certains que cette croissance va se tasser - + 50 % en mai - mais nous sortirons de la crise plus forts que nous y sommes entrés, au terme d'une aventure entrepreneuriale dingue !

Quel est l'impact de ce changement d'activité sur vos salariés ?

Mi-avril, seules 25 personnes travaillaient, dont certaines à temps partiel. Très vite, pour répondre à la demande en masques, nous avons pu mobiliser des équipes de production, des chargés de clientèle, etc. Au bout de quinze jours, l'effectif actif était déjà de 50 personnes à temps plein.

Quid de votre activité historique d'impression en ligne ?

Elle est toujours en recul de 70 % mais, depuis la semaine dernière, on sent que ça reprend légèrement. Cette activité va bien sûr se poursuivre mais la crise nous aura prouvé que nous étions capables de proposer autre chose à notre base de clients fidèles. Je pense que demain, PrintOclock vendra toujours des produits, qu'elle en fabriquera aussi, pas uniquement dans le secteur de l'impression.

Avant la crise, vous mûrissiez un projet de déménagement. Où en est-il aujourd'hui ?

Il est toujours d'actualité. Les conseils de PrintOclock sont en train de travailler dessus. L'idée serait de prendre des parts dans une SCI pour louer des locaux d'activité au centre de gros Larrieu, à Toulouse, et mutualiser des achats avec les autres associés. Si le projet aboutit, nous devrions intégrer ces nouveaux locaux à l'été 2021.

 

Objectif de PrintOclock : produire 300 000 masques par mois à Toulouse. / © PrintOclock

Propos recueillis par Aline Gandy / gandy@lalettrem.net
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