Coup d'arrêt pour le projet logistique d'Amazon à Fournès
La justice a tranché. Le tribunal administratif de Nîmes annule l'autorisation environnementale, délivrée courant 2019 par Didier Lauga alors préfet du Gard, relative à la création d'une base logistique Amazon de 38 800 m2 à proximité de l'A9, sur la commune de Fournès. Examiné le 21 octobre dernier en audience, le projet, porté par la foncière Argan mandatée par Amazon, ne répond pas à « une raison impérative d'intérêt public majeur », estime la Cour. Or ce serait le seul motif valable pour que soit envisagé d'affecter, à titre dérogatoire, « la conservation d’espèces animales ou végétales protégées et de leurs habitats », comme le stipule le Code de l'environnement. Cette annulation de l'autorisation environnementale bloque de facto la mise en oeuvre du permis de construire, souligne le tribunal administratif. Le projet se déploie sur 13,7 ha et devait générer 600 emplois ETP selon les projections de l'arrêté préfectoral de 2019. « Les requérants qui avaient déposé le recours contre l’arrêté d’autorisation environnementale (...) ont été entendus », se félicitent les associations et collectifs opposés au projet.
Deux mois pour faire appel
Sollicitée par La Lettre M, la foncière Argan n'a pas encore indiqué si elle souhaite faire appel ou non de cette décision. Elle dispose d'un délai de deux mois, soit jusqu'au 10 janvier, pour se manifester. « En cas d’appel, nous ferons tout pour voir triompher le droit, poursuivent les opposants, et ainsi empêcher définitivement cette implantation qui viendrait dénaturer trois sites majeurs, classés au patrimoine mondial de l’Unesco (site du Pont du Gard, zone de biosphère des gorges du Gardon, patrimoine du savoir-faire de pierres sèches), ainsi que les perspectives depuis l’Aqueduc de Nîmes, classé aux Monuments historiques ».
« Si Argan fait appel, le dossier ira à la Cour administrative d'appel de Marseille pour être rejugé, mais nous voyons difficilement comment leur recours aurait des chances d'aboutir », réagit confiant Patrick Fertil, référent communication de l’association Adere et membre de sa présidence collégiale, auprès de La Lettre M. Et ce dernier de rappeler : « Argan n'a pas fait d'études suffisantes pour trouver des alternatives à ce projet, qui auraient été moins ”impactantes” pour l'environnement et les compensations pour les nuisances environnementale que génèrerait cette base logistique sont insuffisantes ».
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