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Numérique
| 20/07/2020

Concurrence internationale autour de 150 postes à pourvoir dans le numérique

Opération séduction, pour le maire de Castelnau-le-Lez, à côté de Montpellier. Frédéric Lafforgue recevait le 17 juillet dans sa mairie une partie du gratin des entreprises du numérique que compte la métropole. CGI, Teads, PrivateSportShop, Aive, Ubisoft, Predict Services, Zendesk,… Objectif ? Présenter les atouts de la ville et sonder les besoins. Au total, une dizaine de dirigeants dont les entreprises sont déjà installées à Castelnau-le-Lez ou qui pourraient y songer dans les années à venir. À eux seuls, ils représentent pour l’année 2020 plus de 150 postes à pourvoir. Autant de « talents » convoités et courtisés, qu'il s'agit de faire venir dans le Sud et … y rester.

Concurrence internationale
Pour beaucoup, en matière de recrutement, l’enjeu est celui de la diversité. Via la féminisation des équipes notamment. « Ubisoft à Castelnau-le-Lez emploie près de 14 % de femmes. Ce n’est pas suffisant, reconnaît Guillaume Carmona, directeur du studio (30 postes à pourvoir en 2020). L’objectif est de doubler ce chiffre dans les deux ans. » Même chose chez Teads (100 ingénieurs, 40 recrutements en 2020, Montpellier), un des leaders mondiaux de la publicité en ligne dans les médias ou chez CGI (services informatiques, 50 postes à pourvoir) avec 30 % de femmes sur les 400 salariés du site de Castelnau-le-Lez. À côté du renforcement de l’effectif féminin, les recruteurs s’arrachent les
« talents », d'ici ou d'ailleurs. « Nous constatons une concurrence internationale de plus en plus importante avec des recrutements à 100 % en télétravail, poursuit le directeur d’Ubisoft. Nos équipes sont chassées pour travailler aux États-Unis tout en restant à Montpellier et avec des niveaux de salaires... américains. » Même les entreprises parisiennes se mettent à chasser sur les terres montpelliéraines, rapporte Pierre-Alain Bouchard à la tête du bureau de Zendesk (solutions de service clients, 50 salariés) à Montpellier : « Nous contre-attaquons en proposant des salaires à la hauteur de ceux de la Capitale. » L’entreprise Teads (groupe Altice) rencontre aussi cette concurrence des talents : « Certains de nos employés sont sollicités par des recruteurs pour travailler de chez eux ou en coworking. Cela nous fait beaucoup réfléchir, reconnaît Eric Pantera, directeur technique. Veut-on dissocier l’emploi du territoire? Pour l’instant, la réponse est non, mais c’est un vrai sujet. » Au sein de la start-up Aive (fondateur : Olivier Reynaud), « un quart de l'effectif - essentiellement des data-scientists - est Montpelliérain. Tous les autres, il a fallu les faire venir et il faut les retenir », confirme le dirigeant.

Fidélisation
Une fois le salarié
« ferré », encore faut-il le garder. Entre alors en jeu le sort de son entourage familial. « S’il est relativement difficile de faire venir certains talents spécifiques, la difficulté provient aussi parfois du bloc familial », confirme Yannick Léouffre, dirigeant de site de ecommerce PrivateSportShop (140 salariés, 130 M€ de CA, 50 recrutements par an, Vendargues). La fidélisation des salariés devient alors la deuxième difficulté : « certains repartent au bout de 12 à 18 mois, faute d’intégration, notamment familiale », regrette-t-il. Chez Ubisoft Castelnau-le-Lez, quatorze nationalités se côtoient dont 4% d’anglophones. « Nous avons de grosses ambitions de recrutements d’internationaux mais le problème vient du conjoint ou de la conjointe qui cherche aussi un travail et de l’intégration de ces nouveaux habitants, confirme Guillaume Carmona. Par ailleurs, loger pendant six mois dans un Airbnb est un problème. » Un problème d'intégration que Pierre Niergue, co-gérant de l’agence de communication Wonderful, rencontre depuis plus de vingt ans : « lorsque des internationaux viennent travailler à Montpellier, ils savent qu’ils resteront quatre ans environ. Ils veulent scolariser leurs enfants dans des écoles internationales or à part celle de Baillargues, il n’y a pas grand chose… Pourquoi croyez-vous que les familles des deux dirigeants de Royal Canin sont installées à Aix-en-Provence (où il y a des écoles internationales, NDLR) ? ...»

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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