Comment Albi se prépare à accueillir le centre européen des mobilités terrestres décarbonées
Après avoir accueilli des tests et des démonstrations de constructeurs de solutions hydrogène sur son circuit automobile en septembre dernier, Albi trace sa route vers la création d’un futur centre européen des mobilités terrestres décarbonées. Votée par le conseil municipal puis plus récemment par la communauté d’agglomération de l’Albigeois (C2A), la mise en place d’une nouvelle société d’économie mixte, dont le nom n'est pas encore arrêté, est une première étape. Détenue à 51 % par les deux collectivités –le reste de l’actionnariat, ouvert à des privés, est en discussion- cette Sem sera dédiée au développement de la filière française hydrogène et plus largement aux nouvelles mobilités. Objectifs : fédérer les acteurs, porter les futurs investissements et fournir des services.
10 à 12 M€ d'investissement
Dès 2022, la C2A investira 10 à 12 M€ dans de futurs bâtiments de plusieurs milliers de mètres carrés dans la zone englobant le circuit, l’aérodrome et le parc des expositions, propriété de la Ville. « Ces locaux seront dédiés à l’accueil d’entreprises, l'installation de bancs d’essais pour les constructeurs de véhicules de demain ainsi qu’à la formation aux métiers de l’automobile zéro émission », explique à La Lettre M Roland Gilles, vice-président de l’agglomération en charge du développement économique et de l’aménagement des zones d’activités. « L’idée de départ est de nous placer en parfaite complémentarité avec ce qui existe déjà en Occitanie en termes de filière hydrogène », ajoute l’élu, citant « le train à hydrogène train à Tarbes, la production à Port-La-Nouvelle, l’avion vert à Toulouse et le routier hydrogène à Albi, en plus du campus de Francazal ». Le futur site albigeois a aussi pour objectif de permettre à la Sem Eveer’hy’pôle (lire encadré) d'exporter ses compétences en France et à l’étranger et d'accueillir de nouvelles entreprises œuvrant dans le domaine des énergies nouvelles. « L’idée serait de créer une sorte de cluster consacrés à ces innovations », précise Roland Gilles.
Un campus H2
Dès 2022, la C2A prévoit également d'intensifier son soutien à la formation albigeoise, pour lui permettre de se rapprocher des besoins des futurs métiers liés à l’hydrogène. Une association regroupant tous les acteurs de la formation et de la recherche devrait voir le jour dans les prochaines semaines. Avec l’objectif ambitieux, précise Roland Gilles, « de créer tout ou partie d’un campus métiers hydrogène H2 » tel que défini par le ministère de l’Industrie et approuvé par la Commission européenne. Une plateforme consacrée à la formation des apprentis aux métiers de l’automobile zéro émission, qui serait gérée par la chambre de métiers, pourrait ainsi voir le jour.










