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Communication - Médias / Eau - Environnement
| 13/03/2018

« Cash investigation » sur le business de l’eau à Nîmes : la Saur réagit

Mardi 13 mars, le magazine « Cash investigation » (France 2 à 20h55) s’intéresse au « business de l’eau ». Un reportage qui pointe la ville de Nîmes, détentrice du record des fuites d’eau et la Saur, chargée de la distribution de l’eau potable et du traitement des eaux usées usées pour l'agglomération nîmoise depuis 48 ans. Interrogé par La Lettre M, le directeur de la communication et de la clientèle de la Saur, Christophe Piednoël réagit.

L’émission souligne le faible rendement du réseau de l’eau à Nîmes. Selon les équipes de France 2, 1 litre sur 5 litres d'eau captés sont perdus dans la nature en France. À Nîmes, le ratio monte à 1 litre sur 3 : « Nous ne nions pas qu’il (le rendement, NDLR) est plus faible qu’ailleurs, mais il y a des raisons inhérentes au territoire, explique Christophe Piednoël. Au final, environ 72 % de l'eau pompée arrivent chez les Nîmois, mais nous leur facturons 72 %, pas plus. » Christophe Piednoël indique que Nîmes a réduit de 25 % ses fuites entre 2009 et 2016.
Concernant le prix de l'eau, « Cash investigation » évoque des marges de la Saur à 12 %, voire même 17 à 18 % selon un expert indépendant. « Si l'on prend en compte nos charges et frais et si on n'occulte pas nos prestations d'assainissement de l'eau (et pas uniquement de distribution d'eau potable, NDLR) notre marge globale est entre 0 et 2 %. »
Une fuite est constatée dans les canalisations, quelques mètres sous terre, dans une rue nîmoise. Les journalistes de France 2 alertent la Saur mais quand ils reviennent quatre mois plus tard, la fuite est toujours là. « Les journalistes se sont fait passer pour des particuliers. En général, un particulier nous signale une fuite apparente, pas sous terre. Notre agent s’est rendu sur place et a cherché une fuite visible. N’en ayant pas vu, il n’est pas intervenu. »

Plusieurs facteurs expliquent, selon Christophe Piednoël, la faiblesse du rendement de l'eau sur l'agglomération nîmoise : « nous allons chercher l’eau dans le Rhône, à plus de 25 km de Nîmes. Par ailleurs, la ville est très vallonnée ce qui nécessite de mettre plus de pression dans les tuyaux, l'agglomération est très étendue - plus de 700 km -, les travaux sont complexes dans une ville avec un tel patrimoine historique et les inondations fréquentes ont tendance à faire bouger les canalisations. » Autant de facteurs qui accroissent les risques de fuites et font baisser le rendement du réseau. 

Résultats 2016 de la Saur communiqués, selon la Saur, à Nîmes Métropole, dans le rapport annuel du délégataire :

  • En eau potable : chiffre d’affaires cumulé : 21 156 951 €. Résultat après impôts : 947 097 €. Marge après impôts : 4,5 %
  • En assainissement : chiffre d’affaires cumulé : 11 869 796 €. Résultat : - 1 481 518 €. Marge : -12,5 %
  • Au total : chiffre d’affaires de Saur à Nîmes : 33 026 747 €. Résultat : -38 322 € soit -0,1 %
Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net
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