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Hérault
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Viticulture
| 2/07/2019

Canicule : un "coup de chalumeau" sur les vignes

« Un tiers des vignes de l’Hérault seraient impactées par l’épisode de canicule du 28 juin, estime Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, ce 1er juillet lors d’une visite de parcelles organisées à Cournonsec et Fabrègues, en présence du préfet de l'Hérault. Cela représente des milliers d’hectares touchés avec des pertes de production de 10 à 100 %. » Les raisins ont littéralement grillés au soleil sous une chaleur extrême montant par endroits au-dessus de 45°C. « Les vignes irriguées ont échappé à ce phénomène. Une question qui doit revenir au devant de la scène », note Jérôme Despey. « Sur un domaine de 100 ha, nous avons une parcelle de 4 ha impactée à 100 % et 30 ha que nous estimons touchés entre 20 et 40 %. Heureusement, nous sommes assurés pour les calamités agricoles. Cela fait trois années de suite que nous subissons des aléas climatiques », précise Arnaud Boutonnet du domaine de Mujoulan à Fabrègues.

Cellule de crise
La Chambre d’agriculture a mis en place une cellule de crise et un numéro vert (04 67 20 88 17). « Cette cellule concerne les vignerons des caves coopératives et particulières mais aussi les arboriculteurs, les maraîchers, les apiculteurs et les éleveurs qui ont aussi été touchés par cette canicule », précise le président de la Chambre d’agriculture. « C’est un coup de chalumeau que les vignes ont subi. Même les cépages les plus résistants n’ont pas été épargnés, souligne Pierre Pouëssel, préfet de l’Hérault. On constate que les calamités sont récurrentes : grêle, gel tardif, mildiou, canicule. Je vais diligenter une enquête auprès de SupAgro et de l’Inra sur le phénomène climatique du 28 juin dernier afin d’en tirer les enseignements pour la profession agricole, les mesures de prévention car ces phénomènes sont amenés à se répéter, voire à devenir la norme ». Un premier état des lieux sera donné d’ici le 5 juillet lors pour la visite du ministre de l’agriculture dans le Gard.

Cette visite a été suivie d’un échange en présence des services de l’Etat (DGFIP), des institutions locales, des banques, de la MSA et des syndicats des filières (vignerons indépendants, Jeunes agriculteurs, Fdsea de l’Hérault) qui appellent à une exonération des taxes sur le foncier non bâti et des cotisations MSA, la mobilisation du fonds de solidarité du Département, une année blanche pour les crédits... pour aider les exploitants à pérenniser leur activité.

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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