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Région Occitanie
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Finances
| 2/07/2020

Bertrand Religieux (Irdi Soridec gestion) : « Nous serons attentifs à l’accompagnement des secteurs résilients »

La crise du Covid-19 a notamment eu pour effet de réduire significativement la visibilité des entreprises quant à leur résultats financiers futurs. Mécaniquement, cela complexifie la tâche des sociétés d’investissements, dans leur accompagnement des entreprises pour une levée de fonds, pour un projet de développement ou encore de transmission. La Lettre M s’est entretenue avec Bertrand Religieux, membre du directoire chez Irdi Soridec gestion.

Comment avez-vous adapté votre activité mi-mars, au début du confinement ?
Au début de la crise, nous nous sommes beaucoup concentrés sur nos affiliés. Nous sommes en effet actionnaires d’environ 180 entreprises en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine. En parallèle, nous avons poursuivi l’étude de certains projets déjà engagés et réalisé, dans des conditions retravaillées, des investissements. Pour réagir à ce manque de visibilité, il faut mettre des marges de manœuvre supplémentaires dans le plan de financement de l’entreprise.

Où en est votre activité actuellement ?
Au moment où nous nous parlons (2 juillet, NDLR), nous étudions quatre dossiers d’investissements sur le segment du capital-développement/transmission et entre six et huit dans le capital-risque. Depuis début mars, Irdi Soridec Gestion, au travers de l’ensemble de ses fonds (innovation et développement/transmission) a investi dans une dizaine d’entreprises pour un montant total d’environ 7 M€.

Vos critères de sélections ont-ils été modifiés depuis la crise sanitaire ?
Nous allons être particulièrement attentifs à l’accompagnement, en priorité, des entreprises évoluant dans des secteurs fort tels que la santé, les énergies renouvelables, la transition énergétique, la digitalisation, l’agroalimentaire, le recyclage, le bien-être et le bien-vieillir. Autant de domaines présentant une forte résilience dans le contexte actuel et susceptibles de participer au mouvement économique de rebond de la région.

Comment se portent financièrement les entreprises de votre portefeuille ?
Nous surveillons de près leurs problématiques d’endettement, d’échéance de PGE qui arriveront dans les mois à venir. Nous travaillons à l’anticipation de ces sujets et à les accompagner dans le passage du deuxième cap, celui du remboursement et du début d’amortissement de la dette. Notre approche devrait se traduire par encore plus de proximité avec les dirigeants et plus globalement le management des entreprises que nous suivons. La crise a certes réduit la visibilité quant à l’avenir économique des entreprises mais certaines évoluent dans des secteurs qui ont très bien traversé la crise et d’autres dans des domaines qui ont déjà amorcé leur rebond (tourisme, construction…). Certaines sociétés ont aussi démontré leur capacité d’adapter et ont accéléré leur conversion durant cette crise.

Avez-vous dû retarder certaines opérations ?
Nous avons été davantage impactés dans la réalisation de projet portant sur notre désinvestissement (une sortie de capital peut être liée, soit à un nouveau tour de table entraînant l’arrivée de nouveaux fonds, soit à un rachat par un groupe plus important, NDLR). Certaines sorties d’entreprises ont ainsi été retardées le temps d’y voir plus clair. Mais jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas constaté de remises en cause définitives de ces projets, uniquement des reports. Nous n’avons pas non plus revu les montants de nos opérations à la baisse en raison du Covid.

Propos recueillis par Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net
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