Fil infos

Haute-Garonne
|
Numérique
| 24/02/2021

Après le départ de Ludovic Le Moan, Sigfox opte pour « un type de leadership différent »

Quelques jours après le remplacement, à la tête de la société Sigfox, de Ludovic Le Moan par Jeremy Prince, Franck Siegel, PDG adjoint de l'entreprise de Labège, qui déploie un réseau mondial bas débit dédié à l’internet des objets (IoT), répond aux questions de La Lettre M.

Sigfox (300 salariés) vient de se séparer de Ludovic Le Moan, son dirigeant historique. Qu'est-ce qui a motivé cette décision ? Et quelle est la feuille de route stratégique du nouveau PDG, Jeremy Prince ?
Ludovic est un serial entrepreneur qui exprime tout son talent en créant des structures - il a un long passé d’entrepreneur. Une entreprise est comme une équipe de football : pour gagner, vous devez avoir les bonnes personnes au bon endroit. Ludovic a été la bonne personne au siège de PDG ces dix dernières années parce que nous avions besoin de sa vision, de son énergie, de sa résilience pour nous faire passer de rien à ce que nous sommes aujourd'hui. Nous sommes aujourd'hui présents dans plus de 70 pays, couvrant 1,3 milliard de personnes, ayant plus de 17 millions d'appareils connectés sur notre réseau, délivrant près de 70 millions de messages par jour... L'IoT massif est à nos portes et nous devons faire passer l'entreprise d'une mentalité de start-up à celle d'un industriel, avec les bons processus, les bonnes applications, les bonnes personnes... Pour y parvenir, nous avions besoin d'un type de leadership différent, que Jeremy apportera. Jeremy va libérer Ludovic, pour qu'il puisse mettre à profit sa créativité exceptionnelle et ses compétences de visionnaire. Il est certain que Ludovic aidera Sigfox à se développer de l'extérieur en continuant à évoluer dans l’écosystème de l’IoT... En faisant cela, nous obtenons le meilleur des deux leaders : le manager qui permet à Sigfox de basculer vers le « massive IoT », et le visionnaire-entrepreneur qui va créer des opportunités pour Sigfox en continuant à éduquer le marché. C'est une configuration gagnant-gagnant.

Est-ce lié, directement ou indirectement, aux enquêtes de nos confrères de Médiacités évoquant des « méthodes managériales contestables », un « patron charismatique mais imprévisible » et un « climat de travail dégradé » ?
En aucun cas. Il s’agit d’une décision de Ludovic, prise il y a déjà plusieurs mois.

La personnalité de Ludovic Le Moan, qui est par ailleurs président de l'IoT Valley, est intimement liée à Sigfox. L'entreprise est-elle destinée à demeurer à Labège, dans les locaux de l'IoT Valley ?
Ludovic reste président de l'IoT Valley. L’entreprise Sigfox, qui en fait partie, est destinée à rester à Labège dans les locaux de l'IoT Valley. Le projet de nouveau campus est par ailleurs toujours d'actualité.

Le choix fait par Sigfox de migrer ses infrastructures informatiques sur la plateforme américaine Google Cloud est-il compatible avec la question stratégique de la souveraineté nationale en matière de gestion des données massives ?
Sigfox est une entreprise globale et fait donc face au problème de souveraineté nationale dans chaque pays en ce qui concerne les données. Pour supporter Sigfox dans sa gestion des données, il fallait donc s’associer à un acteur qui pouvait répondre aux contraintes de souveraineté de la donnée dans le plus grand nombre de pays du monde, et pas seulement en France. Google est un acteur global qui répond aux contraintes de souveraineté de la donnée dans un grand nombre de pays, et entre autre à celles de la RGPD.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie