Airbus : les syndicats vent debout contre le plan de restructuration
Bien qu'attendu depuis plusieurs semaines, le plan de restructuration d'Airbus, dont les premiers contours ont été dévoilés le 30 juin, a fait l'effet d'une bombe dans le secteur aéronautique régional. Frappé de plein fouet par la crise du Covid-19, le groupe toulousain a en effet décidé de supprimer 15 000 emplois dans le monde, dont un tiers en France, « au plus tard à l'été 2021 ». Pour les principales organisations syndicales du groupe, la pilule ne passe pas. Une réunion d'information syndicale, rassemblant les représentants de la CFE-CGC, de FO, de la CFTC et de la CFDT, est organisée sur le site d'Airbus Operations Toulouse le 2 juillet. Avec un message clair : « Les organisations syndicales s'opposent au plan de licenciement ! ».
2 000 emplois à sauver en France ?
Selon FO, syndicat majoritaire, sur les 4 952 postes supprimés en France, 4 248 concerneraient Airbus SAS et Airbus Operations, tandis que 614 impacteraient Stelia Aerospace (7 100 salariés – dont environ 600 en Occitanie (siège à Colomiers), CA 2019 : 2,4 Md€), filiale spécialisée dans les aérostructures, les sièges pilotes et les fauteuils passagers. « Pour la France, les chiffres annoncés ne prennent pas en compte la mise en place éventuelle du chômage partiel longue durée (en 2021), précise FO. Des négociations auront lieu avant la mi-juillet au niveau de l’UIMM, puis d'Airbus, pour en définir les conditions. En cas d’accord sur ce sujet, le nombre de suppressions de postes en France pourrait être réduit de 1 000 personnes. » De son côté, le secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a estimé, sur l'antenne de BFMTV, que les dispositifs de soutien gouvernementaux pourraient permettre de sauver « quasiment 2 000 emplois » chez Airbus dans le pays.
Des chiffres « inacceptables »
Le CFDT martèle que « des mesures de licenciements seraient inacceptables, étant donné qu'Airbus n'a pas jugé souhaitable l'intervention des États au capital de l'entreprise, utilise massivement le financement national du chômage partiel et se dit satisfait du plan français de soutien au secteur aéronautique. » A la CFE-CGC, on refuse également l'hypothèse de départs contraints et on milite pour le maintient d'un maximum de postes. « La perte des emplois et des compétences est un risque lourd pour Airbus, qui prend le pari dangereux et irréversible de ne pas pouvoir répondre au besoin quand la situation du marché se rétablira », assure le syndicat. Et la CFTC d'acquiescer : « Ces chiffres sont inacceptables ! Nous attendons beaucoup du dialogue social instauré au sein d'Airbus depuis plusieurs années et nous demandons à la direction d’agir en responsabilité en tant qu’entreprise citoyenne afin d’éviter les départs contraints. » Le syndicat FO Métaux assure quant à lui qu'il « n'acceptera aucune forme de licenciement contraint », estimant que « ce nombre de suppressions de postes n'est pas acceptable » et que le plan de restructuration présenté « ne protège que les intérêts financiers à court terme d'Airbus ».










