Aéroport de Toulouse : 16,2 M€ de dividendes distribués contre l’avis des actionnaires locaux
Les actionnaires de l’Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) se sont réunis le 5 novembre en assemblée générale ordinaire. Le rendez-vous, initialement prévu en juin, avait été reporté suite à l’arrêt de la cour administrative d’appel du 16 avril, qui avait prononcé l’annulation de la procédure de vente des 49,99 % des parts de l’État en 2015 au profit de Casil Europe. Entre-temps, le rapporteur du Conseil d’État avait jugé, le 9 octobre, la vente conforme. Lors de l’AG, les actionnaires d’ATB ont approuvé les comptes 2018. Par ailleurs, la distribution de 16,2 M€ de dividendes, correspondant au bénéfice de l’exercice, a été décidée, tandis que les mandats des membres du conseil de surveillance, représentant les actionnaires locaux (CCI de Toulouse, Région Occitanie, CD 31 et Toulouse Métropole), étaient renouvelés. Interrogé par La Lettre M, Bernard Keller, vice-président de Toulouse Métropole, précise que « les actionnaires locaux ont été unanimes pour refuser le versement des dividendes, dans la mesure où nous ne savons pas quelle sera la gouvernance de l’aéroport dans les semaines qui viennent. Mais nous étions en minorité… » Le sujet de la revente des parts de Casil Europe au groupe Eiffage n’a quant à lui « pas été évoqué lors de l’assemblée », nous précise ATB. Bernard Keller confirme : « Malgré les questions posées, le vendeur n’a pas souhaité dire où en étaient les discussions. »
Dans un communiqué de presse commun, Philippe Robardey, président de la CCI 31, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole, et Georges Méric, président du CD 31, dénoncent l'attitude de Casil Europe qui, depuis son entrée au capital, n'a eu selon eux « de cesse de ponctionner les réserves de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, dans une logique de rendement immédiat, déconnectée du développement à long terme de la société et de l'intérêt général du territoire ». Et d'ajouter : « Alors qu’il s’apprête à céder ses parts à un nouvel actionnaire, Casil Europe fait la preuve, une nouvelle fois, de sa gestion strictement mercantile et à court terme d’une infrastructure majeure pour le territoire. »










