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Haute-Garonne
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Aéronautique et spatial / Transports - Logistique
| 6/05/2021

9 M€ vont être investis à l’aéroport de Toulouse Francazal d’ici à 2023

Malgré une baisse de trafic – limitée à 14 % - l’an dernier, l’aéroport de Toulouse Francazal maintient son programme d’investissement pour la période 2021-2023. Objectif de son exploitant : accompagner ses clients de l’industrie aéronautique et de l’aviation d’affaires dans leurs développements futurs.

Avec 2 980 mouvements d’avions en 2020, l’aéroport de Toulouse Francazal voit son trafic régresser de 14 % par rapport à l’année précédente. Rien de comparable avec la chute inédite de fréquentation (- 67 %) enregistrée par son voisin de Toulouse Blagnac. « Nos difficultés restent modestes », admet Sabine Monties, directrice d’exploitation de l’infrastructure. Et de souligner néanmoins le caractère atypique de Toulouse Francazal dans le paysage aéroportuaire français : « Nous n’accueillons pas d’aviation commerciale ni d’aviation de loisirs à Francazal, dont le trafic moyen habituel se situe autour de 3 500 mouvements d’avions par an. » Un trafic quasi stable depuis que l’État a confié en 2014 l’exploitation et le développement de l’aéroport pour 45 ans à la Setfa (société d’exploitation de Toulouse Francazal Aéroport), dont l’actionnariat est constitué du groupe Edeis (51 %) – son gestionnaire -, de la société Aéroport Toulouse Blagnac (ATB, 39 %) et de la CCI de Toulouse (10 %).

Un point de passage frontalier depuis un an

Située sur les communes de Cugnaux et Portet-sur-Garonne, l’ancienne base aérienne militaire 101* voit aujourd’hui ses infrastructures (pistes et aires de stationnement) ainsi que son parc immobilier (hangars et bureaux-ateliers) occupés par l’armée, la gendarmerie, des industriels de l’aéronautique (ATR, Tarmac Aerosave, Aura Aero…), des compagnies d’aviation d’affaires ainsi que des opérateurs évoluant dans le domaine des transports autonomes, tels qu’EasyMile, Hyperloop TT ou Ascendance. « L’objectif n’est pas de multiplier les mouvements d’avions en accueillant de nouvelles activités mais plutôt d’accompagner nos clients dans leurs développements, en leur proposant des services supplémentaires », résume Sabine Monties. Exemple avec l’ouverture, en février 2020, d’un point de passage frontalier (PPF), permettant d’accueillir des vols d’affaires et aéroindustriels avec passagers et personnels navigants intra et extra-Schengen. « C’est un vrai plus pour l’attractivité de Francazal », estime la directrice d’exploitation, qui table sur une hausse, liée à ce PPF, de quelque 200 mouvements d’avions au cours des quatre-cinq prochaines années.

Une extension de l'aire de trafic nord de 60 000 m2

« Nous avons clôturé fin 2020 une première phase d’investissement de 12 M€ (dont 7 M€ pour la rénovation des chaussées aéronautiques et la modernisation de la station d’avitaillement, NDLR) », rappelle-t-elle, avant d’annoncer un programme complémentaire de 9 M€ sur la période 2021-2023. Celui-ci comprend des travaux réguliers d’entretien des 170 ha du parc domanial et des 55 000 m2 de surfaces louées, mais aussi une extension de l’aire de trafic nord, dont les travaux devraient débuter cet été, pour une livraison prévue au dernier trimestre. « Certains de nos clients industriels ont des projets de diversification dans le secteur MRO (maintenance, réparation et révision), qui nécessitent de pouvoir stationner des appareils supplémentaires dans l’enceinte de l’aéroport. La surface concernée par l’extension est de 60 000 m2 et permettra de créer entre deux et trente places de stationnement selon le type d’appareil », confie Sabine Monties, discrète sur les projets des entreprises basées à Francazal. Côté aviation d’affaires, un hangar dédié de 1 000 m2 devrait être construit à horizon 2023. « Il se situera à proximité de l’aérogare qui accueille les passagers et permettra d'abriter quatre slots avions et d'offrir les services de qualité attendus par les membres d'équipage. »
« Une étude d’impact économique est également en cours pour déterminer la typologie des 350 à 400 collaborateurs qui travaillent à l’heure actuelle à Francazal et leurs attentes en termes de services, de restauration par exemple, annonce Sabine Monties. L’an dernier, malgré la crise sanitaire, plusieurs entreprises parmi la trentaine qui sont hébergées ont accueilli de nouveaux salariés. Conséquence de cette dynamique, notre foncier disponible diminue. D’où notre travail, en connexion étroite avec les agences d’attractivité et de développement du territoire, pour entretenir cette dynamique et la maîtriser. »

* Ouverte en 1934 et fermée en 2011, l’ancienne base aérienne 101 se décompose aujourd’hui en trois zones : au nord, 60 ha affectés à l’armée (1er régiment du train parachutiste) ; au centre, 170 ha exploités par la Setfa ; au sud, 38 ha vendus par l’État à Toulouse Métropole, qui veut y développer un écosystème des mobilités du futur.

 

Sabine Monties, directrice d'exploitation de l'aéroport Toulouse Francazal / © Edeis

Aline Gandy / gandy@lalettrem.net
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